La marginalité, la seule liberté qu'il nous reste ?

L'art de vivre, la réflexion et les discussions liées au mouvement.

La marginalité, la seule liberté qu'il nous reste ?

Messagepar PassTheKingdom » 24 Oct 2017, 15:36

Bonjour à vous toutes et tous.

Une nuit, dernièrement, je me faisais une réflexion tout à fait trollesque, lors d'une de ces divagations sur Internet dont j'ai le secret, à grand renfort de caféine (j'ai bien dit "caféine") et de BM Folk ou Dépressif.

Je me demandais tout simplement si la "marginalité" inhérente à la culture Goth, au Metal en général (notamment les sous-genres les plus underground), et à d'autres cultures "underground" que j'ai eu fréquenté (Punk, culture Traveller, musique Psytrance, ...), est une valeur primordiale à défendre, une des seules libertés qu'il nous reste, quelque chose dont il faut être fier et qu'il faut "défendre" au lieu de "se défendre" (par le discours)

(je veux dire : expliquer à quelqu'un de réceptif pour "défendre" sa culture, et ne pas avoir honte de ce que l'on est au lieu de se laisser piétiner et rabaisser en "se défendant" face à quelqu'un qui ne comprendra jamais autre chose que des préjugés).

Qu'en pensez-vous ?

Pour ma part, je suis 'talleux depuis un peu plus d'une décennie, et j'écoute du Folk, Pagan, et Black Metal assidûment depuis 2008. Certes, j'ai eu ma période "bracelets à piques" comme certains, j'ai eu ma période "cartouchière à la ceinture", je n'ai pas honte de dire que j'ai même eu ma période "true", mais "true débile" (au point de qualifier de "poseur" quiconque n'avait pas la même définition de la liberté ou du Metal extrême que moi...) Il faut le reconnaître, j'ai dû évoluer pour faire la part des choses. Et, je pense que, vu ce qu'il m'est arrivé depuis 2010, tout ça m'a fait changer, et prendre conscience de beaucoup de faits que je refusais d'admettre.

C'est vrai, je ne suis plus allé dans un concert Metal (peu importe le sous-genre) depuis 2013, j'ai quitté ma ville de naissance (Grenoble), j'ai coupé les ponts avec certains (qui m'avaient influencé, et pas en bien), et maintenant, j'ai "fait la paix" avec mon passé, et je n'en ai plus honte (ceux qui ont lu "Chemin de Haine" comprendront - si ce n'est pas déjà fait, je vous filerai le lien dans la rubrique adéquate).

Mais, je ne m'en cache pas, je suis fier d'être ce que je suis, je suis fier de ma "marginalité", de ma "différence", d'avoir mon "univers culturel, spirituel, loisirs et autres" dans lequel je me sens bien. Rien qu'en comparant mon style de vie avec celui de beaucoup de gens que je croise, je n'ai pas honte de philosopher sur ce qui m'intéresse, de me cultiver, et de repousser sans ménagement ce que je déteste, cette "norme" à laquelle tant de gens adhèrent sans se poser de questions.

Je n'ai pas la télé, je déteste ça. Je préfère un bon bouquin, ou deux bonnes heures allongé sur mon plumard en écoutant du BM/Folk/Pagan/DSBM/Brutal Death. Ou m'occuper de ma collection de timbres. Je n'ai même pas de "smartphone", je ne suis aucune des "tendances" actuelles, ni "ce qui fait le buzz". J'ai une voiture toute simple et basique (une citadine Essence), pas un "accessoire de mode" sur roues, ni un "symbole de richesse extérieure". :mrgreen:

J'en suis venu, pour ce qui est des possibles rencontres amicales (voir plus si...), à la "théorie des points communs". Si j'ai un point commun (culturel, spirituel/croyances, une vision du Monde, une passion, un rêve, un idéal de vie...) avec quelqu'un dont je fais connaissance, ça peut déboucher sur une amitié sincère, voire une relation amoureuse.

Si, et je le vois très vite, la personne ne parle que des "vedettes jetables" de la TNT, d'apparat, de superficiel, ... je me barre. Et même ici à Audierne, on trouve ce genre de mecs (et leurs admiratrices) qui roulent en 50cc 2 temps avec un comportement réellement dangereux voire suicidaire (vous en avez sans doute déjà croisé), qui boivent des boissons "énergisantes" à tire-larigot, qui s'habillent "moche" (un survêtement jogging comme ceux des années '90, mais camouflage noir/gris/blanc similaire aux voitures de pré-série en essais routiers ...), qui fument des joints en permanence pour accentuer leur côté "rebelle" (comme quoi le mode de vie du "quartier" est arrivé jusqu'à la Pointe du Raz !) :hard:

Bizarrement, ce sont toujours ceux-là qui me regardent bizarrement, quand je porte mon Harrington, ou mon tee-shirt Celtique et mes bracelets en cuir, ou mes Rangers 14 trous. Ou quand je bouquine en ville, assis sur un banc, même rien qu'un bouquin "classique" ... alors un roman Fantasy !

A ce train-là, c'est plus que probable : je vais finir vieux garçon. Mais libre. Libre car j'aurai volontairement pris mes distances avec tant de choses qui me révulsent.

Je ne suis plus "misanthrope", mais "sélectif". Je ne suis plus "humaniste", mais "pondéré". Je suis toujours un peu "idéaliste", quant à mon rêve de vie en habitat léger/alternatif, et ça, je crois que j'aurais du mal à m'en défaire ... à moins de me résigner à finir ma garce de vie en HLM.

Je me pose des questions quand je vois des jeunes de 19 ans en couple, avec déjà un gamin.

Je me pose des questions quand je constate le massacre de la langue Française (sur Internet, mais pas que) au quotidien.

Je me pose des questions quand je vois que des personnes menant une vie comme celle dont j'ai rêvé ou dont je rêve encore (nomadisme des Travellers, chalet, yourte, roulotte, passer sa vie à voyager et avoir des expériences) sont critiquées bassement, au motif des célébrissimes "tu ne feras rien de ta vie", "grandis un peu, trouve une femme, fais des gamins, achète un pavillon", "c'est pas ça, la vie", "tu vas finir dans une secte"...

Je me pose des questions quand je me rends compte que les médias dictent au peuple "ce qui est bien", "ce qui est tendance" et "ce qui est ringard". Ou "ce qu'il faut acheter", ou "pour qui c'est-y qu'y faut voter" (tout s'assemble, finalement)

Mais, sans me sentir supérieur à qui que ce soit, je sais ce que je vaux, et je sais que je pourrai un jour convertir mes rêves simples en réalité honorable. A mon sens, le fonctionnel, la simplicité, la capacité de remettre les choses en question valent bien mieux que la soumission à la "norme" (quitte à "faire le ménage" dans son cercle relationnel" - et je l'ai fait à de nombreuses reprises).

Alors, dans ce cas-là, la marginalité, pour moi, sera complète et inaliénable. De même que la liberté, et une certaine fierté d'avoir "réussi ma vie" selon mes idées.

J'attends vos réponses avec impatience...

A très bientôt.

- Antonin "PassTheKingdom" :evil2: :gratte:
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Re: La marginalité, la seule liberté qu'il nous reste ?

Messagepar Lenore » 25 Oct 2017, 14:35

J'ai 26 ans, goth/metalleuse depuis mes 12 ans et j'ai toujours été marginale (mes parents aussi), on a toujours été bizarre et à contre courant dans ma famille ^^"
Mais de plus en plus en entrant dans le monde du travail je me rend compte que tout ce que je trouve normal dans mon cas les autres me le font sentir comme anormal !
J'ai fait un stage en cosmétique récemment et j’étais tout le temps mise à part. Déjà que je suis ultra timide (les gens prennent ça pour du snobisme...). J'ai sentie une grande perte de confiance en moi car pendant tout le temps de mon stage on m'a jugé " Tu écoutes du metal ? Mais c’est violent, c'est satanique ! Tu aimes les films d'horreurs ? Mais qu'est-ce qui va pas chez toi ? Pourquoi tu t'habille en noir ? Pourquoi tu aimes ça ? Pourquoi tu est comme ça ?"... Et mes collègues avaient 22 ans...une vraie fermeture d'esprit !
Quand je suis avec ma famille ou mon cercle d'amis je me pose pas de questions car ils sont tolérant et me connaissent bien. Mais dès que je dois être en contact avec "l'extérieur" ont me fait sentir que "je suis pas normale". Et en plus je veux pas d'enfants ! XD C'est encore plus dur quand on est une nana "Mais pourquoi ? Tu changeras d'avis..." BREF !

Je citerai donc Easy Rider :

– Tu sais, ce pays est chouette. Je n’arrive pas à compredre ce qui a mal tourné.
– Tout le monde a la trouille (…) Ils pensent qu’on va leur couper la gorge. Ils ont peur.
– Ils n’ont pas peur de toi, ils ont peur de ce que tu représentes.
– Tout ce qu’on représente pour eux, c’est des cheveux trop longs.
– Ce que tu représentes pour eux, c’est la liberté.
– La liberté, c’est ce qui compte.
– C’est vrai, il n’y a que ça qui compte. Mais, en parler et être libre, ce n’est pas la même chose. C’est d’être libre quand on est un produit acheté ou vendu sur le marché. Ne leur dis jamais qu’ils ne sont pas libres ; ils se mettraient à tuer, à massacrer pour prouver qu’ils le sont. Ils vont te parler tout le temps de liberté individuelle. Mais, s’ils voient un individu libre, ils prennent peur.
– Non, ça les rend dangereux.
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Re: La marginalité, la seule liberté qu'il nous reste ?

Messagepar Skorg » 27 Oct 2017, 22:33

Je ne suis pas sûr d'avoir compris la différence entre "défendre" et "se défendre". Défendre c'est pratiquer (aller à des concerts, des festivals, des rencontres entre goths par exemple) et se défendre c'est essayer de discuter avec des gens qui sont intolérants et qui essayent de nous rabaisser ? Mmmh... pour moi, on ne défend pas assez notre contre-culture (gothique) : je vois de moins en moins de goths et de métaleux dans la rue, donc soit il y en a effectivement moins, soit ils se cachent et mettent des fringues normales pour ne pas faire tache. Et là pour moi il y a un problème : la société stigmatise tous ceux qui s'écartent de la norme, volontairement ou parce qu'ils ne peuvent pas faire autrement. Je m'explique.

On peut s'écarter de la norme volontairement, par rejet du conformisme et de la "dictature" (le politiquement correct, la bien-pensance, la bonne manière de s'habiller, les bonnes musiques à écouter etc) OU involontairement, et je suis plutôt dans ce cas. Je suis hyper timide, je ne suis pas bavard, je ne capte pas les normes sociales ("bonjour", parler de la pluie et du beau temps, pour quoi faire ? Qu'est-ce que ça me rapporte au niveau intellectuel ? Dépense d'énergie, car oui, parler pour ne rien dire me fait dépenser une telle énergie que ça peut aller jusqu'à l'épuisement mental). Mes angoisses me donnent des TOCs dont je n'arrive pas à me débarrasser (ce sont des gestes et des pensées dont j'arrive pas à me débarrasser, par exemple je peux passer 5 mins à passer et repasser le pas d'une porte) et croyez-moi, c'est une vraie souffrance au quotidien. Donc mes "maladies" me marginalisent d'office si je puis dire. Je ne rentre pas dans le moule (j'ai toujours l'image d'un cube qu'on essaierait de faire rentrer dans un trou de forme ronde, ou ce genre de chose) et mes idées non plus (elles ne sont pas politiquement correctes), ni mes goûts, tout cela fait que je ne peux pas faire autrement qu'être un marginal. Mais bon, avec le temps j'ai appris à faire avec et à m'accepter tel que je suis, je suis extrêmement seul et ça me pèse énormément, mais je suis moi-même et je ne peux pas être quelqu'un d'autre car je n'en ai pas la capacité mentale. Voilà, merci d'avoir lu ma petite opinion ^^
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Re: La marginalité, la seule liberté qu'il nous reste ?

Messagepar PassTheKingdom » 03 Nov 2017, 23:38

Bonsoir Lenore et Skorg :)

@ Lenore : Tu sais, les expériences que j'ai vécu m'ont permis de me rendre compte d'un fait, indéniable, dans la société (en France du moins - dans d'autres pays, on nous f*** la paix). A savoir que ce qui n'est pas dans la "norme" dérange les gens, d'une façon ou d'une autre. Soit ça les dérange car ça leur montre que des gens comme toi ou Skorg, ou moi (comme beaucoup d'autres) sont en fait plus libres qu'eux, du fait de notre non-adhésion à "leurs" standards de vie. Soit ça les dérange par ignorance crasse ou préjugés, ou "peurs primaires", bien souvent véhiculées par les médias. (Certains prennent peur quand ils voient que, sur la place d'un village Breton, je salue les corbeaux ...) Ou, pour les plus abrutis de tous, par pure défiance, effet de groupe, volonté délibérée d'insulter, de critiquer, de nuire.

J'ai eu les mêmes commentaires de certains quand je me suis mis à écouter du Metal, quand j'ai commencé à lire des romans Fantasy parlant de Nains barbus partant accomplir des serments d'honneur dans un monde imaginaire, quand je me suis intéressé de plus en plus aux anciennes croyances (paganisme) ... Surtout de la part de personnes chez lesquelles, et je l'ai remarqué assez rapidement, l'esprit critique est faible, sinon inexistant. Ma famille ne m'a jamais posé de problèmes sur ces questions, ils ont l'habitude de m'entendre défendre "crocs et griffes" la liberté d'être différent, de ne pas sortir du même moule que les autres, comme l'a dit Skorg.

Je ne veux pas avoir d'enfants non plus (pour ne pas faire connaître à un enfant ce monde, entre autres), je ne me prive pas de le dire, je suis Childfree. Et pourtant, je suis fier de mon frère et de sa compagne, ils ont eu un fils il y a tout juste un mois. Mais je ne me vois pas "parent". C'est inconcevable avec ma conception de la liberté, mon individualisme "sélectif", mon idéal de vie (dans l'absolu, un chalet en bois posé sur un terrain de 5000m carrés, en lisière de la forêt), et tant d'autres choses. Et quand je vois les gens que je croise ici, quand je les entends parler à leurs gamins, ou quand j'entends les gamins parler entre eux, je me dis souvent que je ne suis pas "à ma place" dans ce monde. C'est peut être ça, une sorte de "tronc commun", entre Goths, Metalleux, Punks, Travellers, même certains Hippies, nous vivons selon nos convictions et nos références culturelles, et ça n'est pas négociable ... autrement que de, justement, devenir "normal".

@ Skorg : Très juste, je me suis mal exprimé. Défendre sa culture, c'est, comme tu le dis, aller à des concerts Metal ou des soirées Goth, à des festivals, à des reconstitutions médiévales, acheter l'album de son groupe préféré, chercher ce qu'on aime vraiment, s'habiller Goth ou Metalleux. Je n'ai plus le look Metalleux depuis plusieurs années, j'ai pris trop de poids pour trouver des tee-shirts de groupes que j'aime. Peut être que je me ferai une veste à patchs prochainement.

Pour le look, le fait de voir moins de 'Talleux ou de Goths habillés comme tels dans la rue est sans doute lié à une nécessité : celle d'éviter de se faire embrouiller (voire agresser, ça s'est déjà vu) en raison de son look vestimentaire. Je ne sais pas si tu as eu connaissance de l'histoire de ce couple de Goths Anglais, qui sont venus visiter Paris. Des vigiles leur ont refusé purement et simplement l'entrée du musée du Louvre, puis du cimetière du Père-Lachaise. Et ils n'avaient rien d'illicite sur eux, n'avaient aucune attitude provocante. C'était juste une question de "look", et de commentaires vraiment lamentables de la part de ces "vigiles" (dont on connaît la "formidable aptitude à la tolérance"...)

Vidéo youtube :


Comme tu l'as dit, on peut s'écarter involontairement de la norme, j'ai connu ça, et je le vis toujours un peu (il semblerait bien que je sois autiste type Asperger). En même temps, si un univers ou un lieu déplaît à un humain, si ça le fait déprimer, si ça l'angoisse ou le fait psychoter, il n'y retournera pas, pas sans mal. Je comprends ce que tu ressens, et je pense que c'est aussi un problème dans la société Française : non seulement les termes inhérents au domaine des maladies psychiques (schizophrénie, bipolarité, dépression, TOCs, ...) sont utilisés à tort et à travers par les médias (et par les c***, quand bien même ils n'y connaissent rien), mais en plus, nous avons 50 ans de retard sur la Finlande, par exemple. Rien que dans la considération, le traitement, la prise en charge de ces maladies/troubles, et l'intégration dans le monde du travail des personnes, une fois qu'elles vont mieux. Et ça, je pourrai en parler des heures ...

J'ai eu pensé à l'exil, je verrai sans doute ça dans deux ou trois ans. Mais, ce qui est sûr, c'est que la norme me sort par les yeux, idem pour les "tendances" qui s'effondrent au bout de moins d'un mois, idem pour la "bien-pensance" et tous ces trucs "socio-compatibles". Le truc, c'est que nous (les "outsiders" que nous sommes, et d'autres) ne sommes pas rassemblés, fédérés, unis. J'ai eu pensé à monter un mouvement qui revendique notre droit aux différences, notre droit à vivre tels que nous sommes, notre défiance envers ce qui est défini comme "socialement acceptable". Je l'aurai appelé le "Parti à la Baston", ou le "Parti à la Taverne". Oui, le "Parti Troll", ça fait trop égocentrique :mrgreen:

Le refus de la "norme" que je ne me prive pas d'exprimer, ça passe par des trucs du genre :

- J'ai une citadine Essence, et un téléphone portable ayant coûté 19 € sans abonnement, parce que je préfère manger à ma faim plutôt que de galérer à rembourser un crédit pour un monospace Diesel immonde et un smartphone à 900 € (les deux me seront toujours inutiles).

- J'ai des loisirs "bizarres" aux yeux de certains, romans Fantasy, philatélie (collection de timbres), je rêve d'un train miniature, j'adore plus que tout la Forêt et la solitude que j'y cherche souvent, j'aime la simplicité matérielle et la richesse d'esprit, ça fait de moi ce que je suis, et non une personne fade, insipide, standardisée. :mrgreen:

Et voilà :)

Bon week-end à vous tous, à bientôt, au plaisir de vous lire !

Bien amicalement,

- Antonin "PassTheKingdom" :gratte:
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Re: La marginalité, la seule liberté qu'il nous reste ?

Messagepar Bluespectrum » 05 Nov 2017, 18:25

Ben forcément se démarquer signifie vouloir sortir des marques, logique d'être mis de côté. Certains sont encore assez bêtes pour prendre ça comme une invitation à nous juger...
Je rejoins l'avis cité dans le post initial, défendre qui on est et notre identité c'est sain, mais avoir à s'en défendre (autrement dit, s'en justifier) hors de question. Quand on se justifie de quelque chose ça veut dire qu'on se sent illégitime à cette chose, donc par pitié ne vous justifiez pas. Si quelqu'un vous dit par exemple "mais tu t'habilles toujours comme ça?", dites seulement "oui" (ou non dépend x). Mais pitié, n'expliquez pas "oui car j'aime bien" gnagnagna... la personne se sentira le droit de vous demander d'autres justifications sur vos raisons, en imaginant souvent les raisons les plus folles ou bêtes du type "c'est parce que tu veux mourir?" etc. Ne leur laissez pas cette occas', laissez les avec leurs préjugés sur les bras!

Les 3/4 des curieux ne comprendront pas, non pas parce qu'ils ne peuvent pas mais parce qu'ils ne veulent pas! Donc vous pourrez vous fatiguer autant que vous voulez, ils chercheront à vous faire dire ce qu'ils veulent entendre.
Nuance toutefois, ne pas mettre tout le monde sans le même sac, faut différencier le curieux juste curieux, du curieux qui attend seulement une occasion pour se moquer (elle quelle occasion faites vous, vous qui êtes différent!). Le dialogue est toujours bon pour éviter les clichés.

D'ailleurs ça marche aussi pour les invitations quelconques: "tu viens ce soir?" "Non désolé" "Mince pourquoi?" "Désolé j'y serais pas". Pas la peine de se justifier sauf si vous y tenez; mais les gens n'ont pas à juger les raisons pour lesquelles vous faites telle ou telle chose, si ils veulent savoir mieux vaut se contenter de répéter la première réponse ou reformuler, rien de plus.
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Re: La marginalité, la seule liberté qu'il nous reste ?

Messagepar Skorg » 10 Nov 2017, 01:09

C'est plutôt cool de saluer les corbeaux ^^ personnellement, ça ne me choquerait pas plus que ça de voir quelqu'un le faire. Eheh je pensais que les bretons étaient tous anti-conformistes, apparemment ce n'est pas le cas vu que ça les dérange XD (je plaisante, pas taper). Le paganisme aussi, c'est cool (et ça se retrouve beaucoup dans la culture metal) :P mais je suis plutôt team chrétiens ^^

Pour les enfants, il faudrait peut-être en parler dans le sujet dédié, mais je n'en veux pas pour l'instant car eh bien... ce monde ne serait pas un cadeau pour eux, c'est de plus en plus difficile d'y vivre et je ne veux pas les obliger à subir ce que j'ai subi pendant mon enfance et mon adolescence, surtout que j'ai un TSA (trouble du spectre autistique) et que j'ai des chances de le transmettre à mes enfants. Clin d'œil à toi Passthekingdom, et à tous les autistoïdes qui me lisent. D'ailleurs le fait d'être goth, dans mon cas, est lié à mon TSA car je suis anti-conformiste par nature si on peut dire. Ne me faites pas dire ce que ne j'ai pas dit : tous les goths ne sont pas autistes et vice-versa :wink:

Merci pour la vidéo, elle m'a fait rager car je trouve ça révoltant, mais c'est les français qui sont comme ça, comme tu dis, dans les autres pays ça se serait passé autrement. Tu as peut-être raison de vouloir quitter la France, ceci dit c'est dommage de laisser un si beau pays à des connards >< quant à l'intégration dans le monde du travail... ne m'en parle pas, je suis en plein dedans et je vais d'échec en échec niveau intégration dans l'équipe. Ils me virent à cause de ça, je dois chercher du boulot ailleurs, et rebelote, ils me virent car je ne m'intègre pas suffisamment. Heureusement que je me suis fait déclarer handicapé (ce qui est un vrai parcours du combattant, tu penses bien qu'ils lâchent pas ce statut facilement) mais même en ESAT, j'ai du mal à trouver une place, car je ne correspond pas à leurs critères... si ça ne tenait qu'à moi, j'aurais commis des meurtres.

Le Parti Troll, moi je trouve ça bien :lol: mais je pense qu'on n'est pas fédéré pour la simple et bonne raison qu'on cultive la différence, même entre nous... ce qui rend tout projet de fédération caduque.

Merci pour ces précieux conseils Bluespectrum, oui c'est vrai que la plupart ne font pas l'effort de nous comprendre, ceux-là il faut les éviter autant que faire se peut et aller vers les gens qui nous aiment et qui ne nous jugent pas, ceux-là il faut en prendre soin, il faut garder ça à l'esprit.
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Re: La marginalité, la seule liberté qu'il nous reste ?

Messagepar Bluespectrum » 11 Nov 2017, 15:33

Derien, moi aussi je pense souffrir d'un truc autiste/asperger léger, dans le sens où le contact social m'épuise et où je refuse d'être comme tout le monde juste pour faire pareil, mais honnêtement je pense pas que ce soit une maladie, je pense que des gens peureux ont inventé ça pour se légitimer d'être des moutons et de mal agir par goût de la facilité.
L'autisme c'est une vraie maladie dans le sens où la fonction sociale a un problème ou s'exprime anormalement et c'est cérébral, pas juste comportemental.

J"ai du apprendre à ne pas me rendre disponible pour certaines catégories de personnes qui n'ont rien d'autre à faire dans la vie que de chercher la m*rde et de vouloir toujours casser les autres gratuitement, c'est comme ça que j'ai appris ^^"
Ça et se rappeler aussi que chacun est responsable du jugement qui'l émet sur autrui; ceux qui vous jugent mal c'est eux qui émettent ce jugement en fonction de leurs critères, c'est pas vous les responsables du jugement des autres (d'ailleurs ne dit on pas qu'on subit un jugement?).
Quand quelqu'un dit "je te trouve un peu ceci ou cela" réponse magique: "cet avis n'engage que toi", "c'est toi qui le dit", "ce n'est jamais que ton avis" (ça marche aussi au pluriel ;). En gros tu les renvoie à eux mêmes, après tout si ils pensent ça c'est leur problème.

J'avoue pour ce pays il est beau malgré tout, ce serait si bien qu'on puisse lui redonner sa splendeur d'autrefois...

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Re: La marginalité, la seule liberté qu'il nous reste ?

Messagepar Pierstoval » 21 Nov 2017, 00:04

PassTheKingdom a écrit:Mais, je ne m'en cache pas, je suis fier d'être ce que je suis, je suis fier de ma "marginalité", de ma "différence", d'avoir mon "univers culturel, spirituel, loisirs et autres" dans lequel je me sens bien.


En fait tu es fier d'être humain, pas d'être marginal.

PassTheKingdom a écrit:je n'ai pas honte de philosopher sur ce qui m'intéresse, de me cultiver, et de repousser sans ménagement ce que je déteste, cette "norme" à laquelle tant de gens adhèrent sans se poser de questions.


Du coup tu ne te poses pas de questions et tu adhères à une autre mode : celle de se foutre de la norme. Du coup tu es tout aussi normal...

PassTheKingdom a écrit:Je n'ai pas la télé, je déteste ça. Je préfère un bon bouquin, ou deux bonnes heures allongé sur mon plumard en écoutant du BM/Folk/Pagan/DSBM/Brutal Death.

Comme beaucoup

PassTheKingdom a écrit:Je n'ai même pas de "smartphone", je ne suis aucune des "tendances" actuelles, ni "ce qui fait le buzz".

Comme beaucoup aussi
PassTheKingdom a écrit:J'ai une voiture toute simple et basique (une citadine Essence), pas un "accessoire de mode" sur roues, ni un "symbole de richesse extérieure".

Et comme beaucoup encore ici, parce que beaucoup n'on pas les moyens d'avoir un symbole de richesse extérieure :p
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Re: La marginalité, la seule liberté qu'il nous reste ?

Messagepar Bluespectrum » 22 Nov 2017, 19:21

même en ayant peu de moyens monsieur et madame tout le monde aime porter des choses bon marché qui imitent le luxe, et se ressemblent tous... On reste des humains mais on peut pas nier malgré tout qu'on détonne soit par notre apparence soit par nos prises de position. Je sens que tu as déjà beaucoup exploré ces sujets Pierstoval, tu sembles avoir dépassé ces préoccupation et avoir soif de nouveauté dans les échanges, je me trompe?
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Re: La marginalité, la seule liberté qu'il nous reste ?

Messagepar SulfurBlood » 14 Fév 2018, 13:57

Marginalité n'est pas solitude.
J'ai un point commun avec toi PassTheKingdom, j’exècre la télévision que je suis au comble du bonheur de ne pas avoir.
J'ai fait de ma marginalité un point d'honneur, parce que d'être à part, et j'ose dire, au-dessus de cette masse grouillante stéréotypée, cela me donne une place privilégiée pour observer comment fonctionne le monde autour de moi. Et le fruit de cette observation me laisse perplexe. C'est vrai que je suis aussi fier de ma différence, et j'avoue que je la cultive. Dans sa chanson "Foule sentimentale", Souchon, parle de "gens lavés,hors d'usage",même si je ne suis pas un fan de ce chanteur, force est de constater qu'il n'a pas tort. Il suffit de monter dans le métro et de regarder autour de soi pour s'en convaincre; les uns rivés sur leur smartphone, les autres tirant des visages inexpressifs,désabusés,"tristes et sans aucun avantage". Que je suis fier d'avoir un idéal de vie et de l'afficher ostensiblement !
Comme un parfum de vieille mort.
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Re: La marginalité, la seule liberté qu'il nous reste ?

Messagepar PassTheKingdom » 15 Fév 2018, 03:42

Bonjour à vous toutes et tous :D

J'ai tardé à répondre à vos posts, je m'en excuse ...

@ Pierstoval : Je suis fier d'être humain dans le sens où, sans être réellement "élitiste", je me sens plus "humain" que des gens qui se laissent dominer et mener à l'abattoir par certains éléments "culturels" et "matériels", majoritaires dans les médias notamment. Ces éléments sont pour eux, plus faciles à "adopter en tant que mode de vie" que les valeurs dans lesquelles se reconnaissent la plupart des Goths et des Metalleux. Et il en est de même pour les Travellers (les jeunes qui vivent en camion ou en camping-car), pour les Hippies, les Rastas, les Punks ... Du moins, c'est ce que je ressens et ce que j'ai fini par admettre après des années de questionnements et de rencontres avec des "marginaux" comme moi :D

Le fait est que je me sens plus humain que des gens qui en viennent à distribuer des mandales dans un supermarché pour profiter d'une réduction de -70% sur une pâte à tartiner bien connue, avec option "intervention de la gendarmerie". On va dire que, d'une part, je ne trouve aucun intérêt à ça, et d'autre part, que cela montre bien les possibles conséquences sociétales d'un épuisement des ressources énergétiques/alimentaires liées aux besoins principaux de l'homme. On l'a déjà vu durant les pénuries de carburant suite aux blocages des raffineries, il y a peu ...

Je pense que "se foutre de la norme" n'est peut-être pas une mode en soi : cela dit, on peut remarquer dans l'évolution de la publicité visuelle qu'un style "rebelle" ou "différent" se retrouve à plusieurs reprises, et est souvent plus frappant (dans le but de vendre un produit habituellement peu prisé par les "marginaux") que le style "uniformisé" et "idyllique" habituel de la pub', le couple, les enfants et la maison, "parfaits" évidemment. Surtout la publicité télévisuelle.

Je ne succombe pas à toutes les "modes" éphémères, et ça m'évite de faire chauffer ma carte bleue outre mesure :D Les Pokémon, les Tamagotchi, le foot, me laissaient totalement indifférent quand j'étais collégien (ce qui m'a sans doute valu de n'avoir aucun ami pendant cette période !), et c'est resté tel quel.

Je n'ai pas non plus succombé à la mode du "parkour" sur le toit des trains de banlieue stationnés, en attente de radiation, dans des emprises SNCF (dont l'accès est interdit sauf motif de service), mais avec une caténaire toujours alimentée en 25.000 volts au-dessus ! Certains par contre, ont "fait des étincelles" à défaut de "faire le buzz" ... (bientôt, on va accuser les trains !)

Je me réserve le droit de bouffer à ma faim en lieu et place de faire un crédit pour rembourser le précédent, et d'acheter occasionnellement un ou deux trucs qui agrémentent mes loisirs de "marginal" (timbres et matériel philatélique, et maintenant trains miniatures - quelques rails et wagons). :D

Pour le reste, je n'ai rien à ajouter sur la "richesse extérieure" - je la vois suffisamment au quotidien, bien souvent chez des gens qui sont des "coquilles vides". Et, les "prescripteurs d'achat" comme les "prescripteurs de pensée toute faite" savent parfaitement faire de ces gens ce qu'ils veulent. Surtout si ça rapporte !

@ SulfurBlood : Je me retrouve dans ce que tu dis. Marginalité n'est pas solitude ! La preuve : je fais du bénévolat dans une ressourcerie, je suis membre d'un club de philatélie, j'ai plusieurs amis sympa ici, je vais adhérer prochainement à un club de train miniature. Sans que mon style vestimentaire, mes références culturelles, et le fait que je me prenne parfois "pour un Troll" (huh huh, shlaguevük, akala glou-glou glok) ne posent problème ^^

Donc je ne me sens pas si "seul" que ça - et, je l'ai peut être dit, mais pour entamer une relation amicale, je pars de la théorie des "points communs". S'il y a un point commun culturel, idéologique, loisirs, avec une personne que je rencontre, ça s'annonce bien :wink:

J'ai mon idéal de vie, ma culture, mes références - et tant pis si ça ne plaît pas à des gens qui, vu leur tronche en me voyant passer, pourraient prendre place dans la catégorie "primitifs". C'est à dire : sans esprit critique, sans ouverture sur le monde ni sur les autres cultures, sans possibilité de dialogue à part des borborygmes éthyliques et météorologiques (Desproges le disait bien dans un "Réquisitoire" avec Alain Gillot-Pétré :mrgreen: )

Vidéo youtube :


Et tout ça, en plus de mon vécu et de mes expériences, cela fait de moi ce que je suis. Droit dans mes bottes, une bière dans une main, une rondelle de sauciflard dans l'autre, en écoutant Woods of Desolation, Moonsorrow, Stille Volk, Grendel ou Iron Maiden :D

Évidemment, tout ce que j'ai écrit n'engage que moi : ne vous sentez pas visés personnellement !

Bonne fin de semaine à vous toutes et tous :D Au plaisir de vous lire.
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Re: La marginalité, la seule liberté qu'il nous reste ?

Messagepar SulfurBlood » 19 Fév 2018, 17:02

Bonjour à toutes celles et tout ceux qui me liront,

"L"homme n'est Homme que s'il se sait mortel",

c'est par cette citation de Blaise Pascal, que j'ai déjà cité par ailleurs, que j' apporte mon bien modeste commentaire à ton témoignage PassTheKingdom. Tu es tout excusé de prendre le train :) en marche, "L"important c'est de participer" comme disait Coubertin.

Tu as mis le doigt sur un point dont je n'avais pas parlé, dans mon premier texte, mais qui est aussi pour moi, d'une importance capitale: nous sommes Humains.
Du haut de ma "marginalité", quand j'observe mes semblables j'ai de plus en plus l'impression de ressembler à Diogène, un grand marginal lui aussi, qui parcourait les rues d’Athènes et de Corinthe, avec une lampe allumée à la main en disant: " Je cherche un Homme".
Qu'aurait-il dit si il avait assisté à ce lamentable fait divers de la pâte à tartiner que tu relates ? Devant la légèreté, et je pèse mes mots pour ne pas être méchants, (j'ai aussi mes faiblesses), de nos réactions face aux informations qui nous parviennent? Exemple: il y a encore eu une tuerie aux US ces derniers jours, et bien qu'ayant côtoyé pas mal de monde, je n'en ai pas entendu parlé une seule fois.

Si l'homme se souvenait qu'il est mortel...

Puisque les "bien pensants" me rangent dans la case "marginal" autant qu'ils sachent que je l'accepte avec plaisir; c'est même un grand honneur qu'il me font. S'ils savaient qu'en ce faisant, ils me rendent encore plus à mon humanité...
Cependant, PassThekingdom, les contraintes inhérentes à l'humanité sont quelques fois bien pesantes...

Tu as tout à fait raison notre marginalité nous ouvre les yeux sur ceux qui le sont aussi à leur manière, qui en ont fait le choix ou pas. Oh que je leur suis reconnaissant de ce tout ce qu'ils m'apportent ! (Bénévole dans plusieurs asso humanitaires)
Et le plus drôle dans tout ça, c'est quand je vois des " bien pensants" qui viennent me raconter leurs malheurs, et quelque fois vider leur sac. A moi... T'imagine PassTheKingdom ?
"Se foutre de la norme" que ce soit dans le sens raillerie ou dans le sens de s'en désintéresser, n'est effectivement pas une mode. Et je suis totalement imperméable à toute agression publicitaire qu'elle soit comme tu sembles l'avoir observé un tantinet décalée ou de bon ton.
Un sentiment profond de pitié m'envahi quand je vois la ruée qu'occasionne la sortie d'un nouveau produit, et de tristesse quand je vois que ceux qui me sont chers se laissent empoisonner par ces marchands de rêves. J'ai peu de choses matériellement, volontairement, mais le peu de choses que j'ai m'est utile dans ma construction d'homme.
J'ai un peu, dans ma jeunesse, collectionné les figurines en étains de l'armée napoléonienne. Elle est dans une valise aujourd’hui.
Ma plus belle "collection", que j'entretien et augmente régulièrement, c'est celle des Êtres Humains avec lesquels j'ai des points communs ; j'en ai plein le cœur !
Merci de m'avoir rafraîchi la mémoire, j'avais complètement oublié ce jouissif réquisitoire de Desproges, un super décalé aussi lui, dont même le nom aujourd'hui dérange encore; pour preuve même mon correcteur d'orthographe y semble allergique: à la place de Desproges, il me suggère proroge. Étonnant non ?
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Re: La marginalité, la seule liberté qu'il nous reste ?

Messagepar PassTheKingdom » 17 Mar 2018, 00:49

Bonsoir :D

Tu as parfaitement résumé la situation, SulfurBlood.

Pour les "bien pensants" : à vrai dire, ici en Bretagne rurale, on n'en croise pas trop. C'est plutôt l'extrême inverse, ou "le vertige du néant", je m'explique. Je fais du bénévolat dans une ressourcerie, donc une structure qui récupère des "apports volontaires" de gens qui vident une maison, qui se débarrassent de choses en pensant que ça peut resservir. Des bouquins, CD, disques vinyles, vêtements, jouets pour enfants (tous âges), des meubles, de l'électroménager, de la hi-fi, quelques vélos, etc. Je suis en réserve, aux jouets, donc je fais notamment des sachets de figurines, de Lego, de billes, scellés à chaud, qu'on met en boutique à vendre pour 1 ou 2 €. Et on s'est aperçu de quelque chose : certaines personnes (qui viennent régulièrement) ne trouvent rien de mieux à faire qu'éventrer les sachets, pour gauler la moitié des figurines/des Lego !

J'en ai parlé à une responsable, en lui disant que, niveau éthique, on allait pas embaucher un vigile ou mettre des caméras de vidéo-surveillance. Et aussi, que si un bénévole "assurait la sécurité" (moi, par exemple), il ne se passerait pas une après-midi dans la boutique ouverte au public sans qu'on gaule un voleur ! En bref : on ne peut rien faire (on a pas le statut d'un commerce "conventionnel", mais d'une "société coopérative" ...), et bien évidemment, on ne va pas appeler les gendarmes pour un sachet de figurines à 1 €, ils ont plus important à faire. Comment être "humaniste" ou "tolérant" envers des gens qui sont c*** au point d'ouvrir des sachets de jouets dans une ressourcerie pour voler ? Le mec qui n'a plus rien, qui vole un fromage de chèvre ou un sandwich dans un supermarché parce qu'il crève la dalle et qu'il n'a rien bouffé depuis trois jours, je peux comprendre. Mais là !

Certains parmi ces "braves gens" (le même genre en tout cas) trouvent le moyen de me jeter des regards en biais ou de me détailler comme un quartier de viande quand je sors "en tenue" (treillis noir, Paraboots, tee-shirt viking, béret) ... J'ai du mal à ne pas me sentir "élitiste" vis-à-vis de gens comme ça. Mais je n'ai aucun cas de conscience avec la "marginalité" que je porte en étendard.

Pour ce qui est de "se f**tre de la norme", en effet, c'est pas une mode par ici. Dans la résidence HLM où je vis, je n'ai jamais vu autant de monospaces, breaks, SUV flambant neufs ou très récents. Ça transpire les crédits, mais ça ne respire pas l'esprit critique ni l'intelligence. Je présume être le seul de la résidence à ne pas avoir la TV. Je pense que, malgré tout, je ne suis pas seul - quelques Travellers (jeunes en camion aménagé) passent de temps à autre dans le coin, il m'arrive de m'assurer que tout va bien pour eux, de les aider à trouver un lieu ou un commerce (ayant vécu comme eux, entre un amateur de musique électronique underground et un 'talleux, on se comprend assez facilement niveau marginalité !)

L'agression publicitaire ... Quand je me suis rendu compte que certaines stations de radio mettaient des pubs au début de leurs podcasts, j'ai pris conscience que, soit les gens s'en fichent, de la pub, soit en redemandent. Pour Internet, uBlock Origin est devenu indispensable !

Ah oui, Desproges, ça date des années 80, mais c'est toujours en phase avec le monde actuel. Et je dois dire que son cynisme, son humour noir et absurde me redonne de l'énergie, quand je me sens déprimé ... :D
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Re: La marginalité, la seule liberté qu'il nous reste ?

Messagepar Bluespectrum » 29 Avr 2018, 13:40

Ce qui ressort de tous nos posts c'est qu'être comme nous, c'est chercher à cultiver notre humanité, de garder cette innocence d'enfant même quand elle a pu être abimée ou déçue dans la manière de concevoir les rapports humains, le rapport aux ressources (ne pas considérer l'environnement juste comme des ressources justement), contrairement à ce que croit le gogole moyen qui s'imagine que nous cherchons à nous mettre en marge de ce qui est humain voire de ce qui est bon, nous cherchons à nous différencier de ces humains qui se comportent comme des moins qu'humains. Nous ne voulons pas ressembler à ça. A quoi voulons nous ressembler? Cette volonté est propre à chacun de nous mais dans l'ensemble on retrouve l'idée de ne pas vouloir faire de mal, de chercher à se protéger soi et les siens, d'avoir un endroit tranquille où vivre en harmonie avec la nature, pouvoir vivre avec de la musique, de la littérature, bref avoir une culture, avoir une identité qui nous corresponde mieux que "consommateur"... mais oui pour cela il faut se mettre en marge, ou du moins annoncer la couleur par l'apparence: arrêtez vous tout de suite si vous croyez trouver quelqu'un qui pensera comme vous, moi je pense autrement et ça se voit.

Mais c'est pas la seule liberté qu'il nous reste, on a le droit de se fédérer en associations pour mener toutes sortes d'actions, on a le droit de parler entre nous (de vive voix c'est plus sur mais internet reste possible, la preuve ici ^^), on a le droit de fonder une famille et d'éduquer nos gosses comme on le veux, on en est libre, en revanche le monde ne sera pas de notre côté. Ça nous coûtera 200000x plus d'efforts qu'à notre cher gogole moyen cité plus haut qui lui se contentera de se laisser bercer par la voix de sa téloche, de bouffer son Mc.Do devant une émission qui lui ensuque les derniers neurones qu'il lui reste, qui du coup tombe malade tous les mois parce que son corps est encrassé comme une décharge publique, qui bouge jamais son gros c*l du canapé... Je sais pas si on est au dessus de ce type de personne après tout on a peut-être juste été plus gâté tant au niveau intellectuel que niveau de notre éducation? Tout ce que nous n'avons pas fait par nous même on ne peut pas s'en attribuer le mérite mais oui, on "voit" d'un meilleur point de vue donc mieux et plus loin que la moyenne.
Et ces personnes là seront bien en peine de se tirer de leur misère culturelle parce qu'en ayant un cerveau anesthésié par toutes ces saletés de sucre, de gras, de cochonneries et démissions débilitantes, je doute qu'il leur reste après avoir été soumis à tout ça un temps de cerveau disponible pour réfléchir aux questions métaphysiques...

Il faut aussi prendre en compte que dans la vie il y aura toujours des meneurs et des menés. Les menés sont aussi importants que les meneurs, le drame est qu'ils sont mal menés.
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Re: La marginalité, la seule liberté qu'il nous reste ?

Messagepar PassTheKingdom » 28 Mai 2018, 23:26

Bonsoir, chers amis.

Tu as fort bien résumé l'ensemble de la chose, Bluespectrum, et pour ainsi dire, tout le monde a pu partager sa vision de la "marginalité" culturelle à laquelle nous nous rattachons, dans l'ensemble - et même dans d'autres univers culturels peu ou pas représentés dans les médias, dans la pub', dans la "culture populaire", dans la société en général.

Il faut aussi prendre en compte que dans la vie il y aura toujours des meneurs et des menés. Les menés sont aussi importants que les meneurs, le drame est qu'ils sont mal menés.


Je n'aurais pas dit mieux ! Sur cette question précise, je pense (personnellement) que, des gens abrutis, ensuqués d'émissions débilitantes, de conformisme, de surconsommation, d'apparat, qui n'ont aucun esprit critique, aucune capacité de raisonnement, un personnage important peut en faire absolument tout ce qu'il veut. Ça a toujours été, les gens désespérés, peu instruits, mal éduqués, sont malléables. Comme de la pâte à modeler.

Quand j'étais à l'école primaire ou au collège, j'ai toujours été appelé "l'intello" à cause de mes lunettes. J'étais de facto "marginal". J'en ai eu honte pendant des années. Mais maintenant, je dirais, avec l'âge et l'expérience, que le savoir lui-même est, pour ceux qui le méprisent, une "insulte" à leur ignorance, et quelque chose qui leur fait peur au plus haut point. Le "savoir" fait peur à l' "avoir" (dans le sens de "possessions matérielles"), et l'être faut peur au "paraître". Il faut l'admettre, je n'avais jamais de vêtements de marque quand j'étais gamin, pas plus que de console de jeux portable. Je n'ose imaginer ce que serait ma scolarité, reportée à l'heure actuelle, avec les réseaux sociaux et les "nouvelles modes" ... Sérieusement, j'en aurais pris plein la poire.

J'en discutais avant-hier avec une amie en revenant de Quimper, les gens qui se "réalisent" dans la possession matérielle et l'apparat ne sont pas heureux, au fond d'eux-mêmes. Ils veulent soit "rester à la hauteur" de leurs collègues, amis ou voisins, soit les "dépasser" et les "épater". Tant que le banquier ou l'organisme de crédits dit "oui", tout va bien pour eux. Là est leur "raison de vivre". Qui n'est pas la mienne. Un pote m'a dit un jour "Troll, bientôt on fera un prêt pour payer un paquet de nouilles !" :roll:

Même du temps où je travaillais en tant que chauffeur routier, avec une paye alléchante à 21 ans pour un diplôme de niveau CAP (à savoir 1900 € de salaire "net" et 800 € de frais de route), je n'avais pas de "rêves de grandeur". Je n'en ai jamais eu. Je me contentais de ma citadine basique, une Seat Ibiza de 2003, puis j'ai eu le vieux camping-car (Bedford) dont j'ai déjà mis la photo sur un autre post. Je roulais en vieux tromblon, et j'en étais parfaitement heureux. Bien sûr, les camping-caristes ayant un bestiau à 50.000 € (voir plus) me regardaient comme la dernière des m***. Mais ce véhicule était une partie de ma culture, une concrétisation de mon idéal de l'époque (vivre sur la route, nomadisme), ç'aurait été une "trahison" de souscrire à un crédit pour avoir un truc flambant neuf (à condition de passer 12 ans à le rembourser ...)

L'amie à qui j'ai parlé de tout ça avant-hier me disait "Tu sais Antonin, les crédits à la consommation, crédits revolving, autres, ont été inventés pour maintenir les gens dans une sorte de servitude : ainsi, ils ne penseront jamais à faire grève, à se rebeller, parce qu'ils perdraient tout ..."

A mon sens, la marginalité, ce n'est pas que se reconnaître d'une (ou plusieurs) culture "underground" et à s'assumer comme tel. C'est aussi faire en sorte d'être heureux et accompli avec le minimum matériel, sans renoncer à sa dignité, ni à ses idéaux, ni à ses rêves, ni à sa liberté de penser, de créer, d'imaginer des univers complexes et attrayants. Et surtout, ne pas avoir honte de tourner sa différence en dérision, voire en humour noir ou absurde, à l'adresse de celles et ceux qui se moqueraient de nous. :rock:

Encore qu'ici, j'ai plus souvent à faire à des regards en biais ou à des "je te détaille comme un quartier de viande" qu'à de véritables insultes/agressions, et en guise de réponse, je fais pareil et j'ajoute verbalement "Moi aussi, je sais le faire". :mrgreen:

Voilà, encore une fois, je me rends compte que je me suis beaucoup "épanché", mais c'était pour mieux vous faire partager ma pensée sur toutes ces choses. A très bientôt.

Votre troll dévoué,

- Antonin "PassTheKingdom" :evil2:
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Re: La marginalité, la seule liberté qu'il nous reste ?

Messagepar Bluespectrum » 31 Mai 2018, 16:59

C'est beau ta philosophie troll, parce que tu as réussi ce tour de force d'être qui tu es et de faire ce que tu veux sans écraser les autres à coup de pompes dans la gueule, c'est rare...

La même que toi pour les "regards" mdr, c'est facile de jeter des regards sauf que si on est pas prêt à assumer les conséquences derrières, c'est que c'est juste du "moi je" avec aucun fond, rien en dessous, de l'apparence... Sauf que moi ces regards je les rend, et je suis prête à aller à la confrontation s'il le faut ensuite. Je peux t'assurer que ça refroidit direct les petits crâneurs avec rien dans les tripes. Parce que le regard de jugement qui n'est que prétention et qui n'est pas prêt à se battre pour ce qu'il pense, ça veut dire qu'au fond ce qu'il pense n'en vaut pas vraiment la peine... Alors que moi de mon côté, pouvoir vivre comme je veux, pouvoir être et m'habiller comme je veux, je pense que ça n'a pas de prix et que ça vaut la peine de se battre et de prendre des risques. Mais pour le moment les gens voient que c'est sérieux et personne n'a jamais osé "relever", ça baisse les yeux et ça passe son chemin. Et le jour où le contraire arrivera perso je considérerai ça comme de la légitime défense. Personne n'a le droit de me juger ni m'empêcher de vivre dans la mesure où je fais de mal à personne.

Y a une citation que j'adore (ça vient de Sucker Punch): "Pour ceux qui se battent, la vie a une saveur que ceux qui se protègent ne goûteront jamais" 8)

C'est assez arrogant mais dans un monde pareil je ne vois pas comment faire autrement.
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Re: La marginalité, la seule liberté qu'il nous reste ?

Messagepar PassTheKingdom » 11 Juin 2018, 00:01

Bonsoir à vous toutes et tous, huh huh 'kala Copains-Copines :mrgreen:

C'est beau ta philosophie troll, parce que tu as réussi ce tour de force d'être qui tu es et de faire ce que tu veux sans écraser les autres à coup de pompes dans la gueule, c'est rare...


Merci Bluespectrum :D C'est vrai. Et pourtant, les occasions pour moi d'invoquer la Force de Crom, à savoir la Baston (marque déposée ^^), je veux dire quand des gens m'énervaient particulièrement, ça n'a pas manqué depuis un peu plus d'une décennie. Même ici en Bretagne rurale et profonde.

D'autres que moi (y compris des 'talleux que j'ai connu) auraient réagi tout autrement que moi. Après, je n'agresse personne. Je réplique verbalement quand une moquerie, une insanité, une remarque débile parvient à mes oreilles, en général, un petit coup de Desproges ou de Groland, ça suffit pour semer la confusion :D Mon gabarit a aussi un certain rôle dissuasif ... et attendu que, en arrivant sur un parking de supermarché avec le "Seven Tears Are Flowing to the River" de Nargaroth à plein volume dans mon autoradio, je fais peur autant aux vieux imbibés de "peurs primaires" qu'à certains jeunes c*** imbibés de boissons énergisantes, je ne crains pas grand chose :D

Alors que moi de mon côté, pouvoir vivre comme je veux, pouvoir être et m'habiller comme je veux, je pense que ça n'a pas de prix et que ça vaut la peine de se battre et de prendre des risques.


Tout à fait d'accord ! La définition même de la liberté vaut de se battre pour la conserver. Il en est de même de toute liberté - autant vestimentaire, culturelle, choix de mode de vie, de loisirs ... - et c'est, je le pense, une des composantes fondamentales qui font de nous autres, Goths, Metalleux (entre autres), des gens qui restent eux-mêmes, qui "ne rentrent pas dans le moule" et qui l'assument pleinement, en connaissance de cause.

J'ai souvent des discussions "animées" avec mes parents, qui ont un peu du mal à comprendre ce que la "marginalité" culturelle et l'appartenance à une culture d'outsiders signifient réellement. Sans qu'ils me reprochent mes choix culturels ni vestimentaires. Certes, je porte ma différence en étendard, et ça ne plaît pas à tout le monde ici (là, je ne parle pas de mes parents ni de mes rares amis dans les environs) ... Mais, quand je me rends compte, chez beaucoup de gens, de la faiblesse de culture générale, du manque alarmant de savoir-vivre, de respect minimal de l'environnement, je ne rêve plus de "changer le monde".

Et je pense que mon parcours, mes bons moments tout autant que mes galères, les rencontres, la route, tout cela a fait de moi ce que je suis aujourd'hui. Que cet univers Metal et Goth, en plus des imaginaires Fantasy, SF, Fantastique, a "ouvert mon esprit" à tant de choses dont j'ignorais l'existence quand j'étais lycéen. Que cette culture ne porte pas de jugement de valeurs sur mon projet de vie. De fait, hors de question de "changer" quoi que ce soit dans ma personnalité pour "jouer un rôle" qui ne m'irait pas, fût-ce pour "plaire" à qui que ce soit.

N'importe comment, la musique Metal, la musique Goth, sont des univers musicaux dont la musique ne juge pas l'auditeur. Et, quand on aime cette musique, on se rend compte qu'elle est toujours là pour soi. Qu'elle ne nous laisse pas tomber. Que le moindre solo de guitare nous fout des frissons, que la moindre ambiance sombre, mélancolique ou dynamique nous rassure. Et que beaucoup d'autres pensent, agissent, raisonnent comme nous, au sein de ce "refuge sombre" dans lequel on peut se replier pour oublier un peu le "monde réel", en développant nos imaginaires respectifs. C'est pour ça que nos musiques préférées resteront toujours des musiques de marginaux. Et si "les autres" n'acceptent pas ce fait tel qu'il est, ce n'est pas grave. On se débrouillera très bien sans eux.

Bonne semaine à vous toutes et tous. :)

Votre troll dévoué,

- Antonin "PassTheKingdom" :evil2:
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Re: La marginalité, la seule liberté qu'il nous reste ?

Messagepar Bluespectrum » 13 Juin 2018, 23:08

Tu as une maturité que je n'ai pas encore, pour ma part je vais facilement au rapport de force, justement aussi étant une nana j'ai pas le côté physique impressionnant donc les gens s'imaginent qu'ils peuvent me dévisager sans rien risquer... D'une part c'est vraiment très laid d'agir ou ne pas agir uniquement sur le jeu de la peur d'une "punition", mais surtout c'est immonde la façon dont les gens me regardent parfois surtout les hommes. Moi si je lance des regards ou que j'y répond je sais que derrière je suis capable d'y aller sérieusement, sinon je m'abstiens... Du coup quelqu'un qui te regarde comme ça ça fou froid dans le dos (je pense, car à chaque fois les regards se font ensuite fuyants).
C'est très joli de vouloir impressionner avec des jeux de regards et autre, mais quand derrière ça se ch** dessus...

J'aime aussi la musique à fond dans la voiture, la ville c'est si bruyant, c'est très arrogant mais je ne supporte pas de ne pas ajouter mon bruit là dedans, je n'ai pas envie de m'effacer et de laisser les autres faire tous leur bruit et d'être juste noyée dedans emportée par le courant. C'est arrogant et c'est sauvage. Mais j'ai besoin de casser les oreilles de ce monde qui ne fait que s'écouter parler lui même, qui parle tellement et pour ne rien dire de beau, ses bavardages font un tel vacarme... Des fois je veux juste le couvrir et me sentir exister en tant qu'individu et pas composant d'une masse. 8) La musique se doit d'être forte, claire, vibrante, et envoûtante, elle doit tout faire trembler, attention le monde c'est moi j'arrive :rock: C'est comme ça que je démarre la journée, dès que le soleil se lève ça doit envoyer!

Mais attention on dit que l'orgueil précède la chute...

J'pense qu'un jour ça me passera. P'têtre si j'arrivais à casser la solitude, l'autre prix de la liberté. Ça fait quelque temps que je me dis qu'en faisant autant de bruit on doit chercher à attirer l'attention de quelque chose ou quelqu'un... J'ai bien tenté de me raconter le contraire mais :roll:

C'est ainsi que je fais de ma différence un étendard. Et toi troll, qu'entend-tu par là? Porter ta différence en étendard?
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Re: La marginalité, la seule liberté qu'il nous reste ?

Messagepar PassTheKingdom » 27 Juil 2018, 23:45

Bonsoir Bluespectrum, bonsoir à vous tous :)

Mais j'ai besoin de casser les oreilles de ce monde qui ne fait que s'écouter parler lui même, qui parle tellement et pour ne rien dire de beau, ses bavardages font un tel vacarme... Des fois je veux juste le couvrir et me sentir exister en tant qu'individu et pas composant d'une masse.


Je ressens aussi ça : le sentiment d'être un individu, qui pense, qui raisonne, qui agit différemment de la masse pour beaucoup de choses, et ne fait justement pas partie de cette masse qui parle tellement pour ne rien dire ... Toutes ces banalités, toutes ces œillères, ça provoque souvent chez moi un "repli stratégique" dans un endroit où personne ne me voit, personne ne m'entend, ma chambre en général - avec un bon bouquin et de la musique, selon les humeurs. Au restaurant, ou dans d'autres lieux publics, quand je sors avec mes parents, j'ai souvent l'impression que nous "chuchotons" par rapport à tous les autres - ou que nous parlons à mi-voix. Quand j'ouvre ma fenêtre pour aérer, j'entends mes voisins gueuler, parfois littéralement hurler "le programme de leur journée", ils sont discrets comme un troupeau de gobelins.

La musique se doit d'être forte, claire, vibrante, et envoûtante, elle doit tout faire trembler, attention le monde c'est moi j'arrive


Ici, je fais ça couramment. Peu importe la saison. Et peu importe le sous-genre de musique aussi : ça peut être du Black metal dépressif genre Sentimen Beltza, du Pagan/Folk genre Manegarm ou Eluveitie, de l'EBM comme Grendel, de la musique médiévale (Vox Vulgaris, In Extremo, Saltatio Mortis ...) - et les réactions à mon passage ou à mon arrivée à un endroit donné sont très souvent ces regards dont tu parles. Les regards en disent beaucoup. Trop, même. Quand j'avais mon vieux camping-car, la gueule du véhicule rajoutait une tranche en plus au "mille-feuilles" d'idées reçues, beaucoup ont dû se dire "Ce mec écoute du Metal mais vit comme un Hippie ... Qu'est ce qu'on fait, on appelle la gendarmerie ?" :mrgreen:

Mais attention on dit que l'orgueil précède la chute...


Je ne pense pas être orgueilleux, enfin pas tant que ça, moins que d'autres qui justement me regardent comme si j'étais une bête de foire. Je reste rationnel, je ne prétends pas "faire partie d'une élite" ou "être supérieur à tout et tout le monde" - je partage mes connaissances et compétences si besoin, je ne manque pas d'expliquer mes références culturelles si on me le demande de façon sincère.

La chute de "leur monde" basé sur les signes extérieurs de richesse et les signes visibles d'inculture ? Je n'attends que ça ! Et ce jour-là, je me permettrai de dire à leurs "représentants" locaux, "Vous voyez, vous avez vénéré du vent pendant des décennies, eh bien maintenant, le vent tourne !" :mrgreen:

Je dis ça, Bluespectrum, parce que "la chute" au niveau personnel, je l'ai déjà vécu deux fois. Et je m'en suis relevé les deux fois. Donc je n'ai plus peur de grand chose ... :wink:

Voyez-vous, chers amis Gothiques, je me suis fait la réflexion suivante, un soir, récemment (c'était un soir de demi-finale de la coupe du monde qui s'est terminée, ouf). J'étais allé faire un tour sur le petit port de plaisance, mais j'ai fini par me replier en forêt, pour un peu de calme, vu l'ambiance en ville. Je vous livre cette réflexion telle quelle : "Ce soir, ils croient tenir les rues des villes et le pays avec leur vacarme, leur ivrognerie à base de mauvaise bière et de vodka fruitée, les vrombissements de leurs mobylettes et leur bouillie musicale. Mais quand leur mode de vie s'effondrera, les korrigans, lutins, farfadets et trolls comme moi tiendront les sources, les rivières, les forêts et les lacs, les chaos rocheux et les mégalithes. A ce moment là, s'ils ont toujours peur d'un korrigan ... un troll isolé en pleine forêt ne fera rien pour eux".

Je le conçois, ça paraît "radical" comme pensée. Ça paraît assez "catastrophiste". Mais je l'assume totalement.

Ce que je veux dire par le fait que je "porte ma marginalité en étendard", c'est que je ne la cache pas, que je l'assume totalement, et que je la conçois comme une "entité", un "ensemble" de choses qui a fait de moi ce que je suis aujourd'hui. Et qui me conforte dans l'idée que la marginalité est une des dernières libertés qu'il nous reste, à tous ;)

Bon week-end à vous toutes et tous :) A bientôt.

- Antonin "PassTheKingdom" :evil2:
Pass The Kingdom, to find... Salvation :D
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