Misanthrope ?...

Le monde extérieur vu par vous, venez parler de l'actualité !

Misanthrope ?...

Messagepar Cloud-Nine » 09 Juil 2012, 22:00

Suis-je la seule à ressentir ça,
Ou la sensation de se sentir différent, d'un assez grand nombre de personne, ne vous donne pas l'impression d'être misanthrope ?
je dirais même plus.. avoir des tendances sociopathique..?

Je sais que ce sont de bien grands mots tous ca….

Mais pour ma part je n'arrive tellement pas a supporter la quasis totalité des gens qui m'entoure que j'en remet en question mon existence dans ce monde…

Peu être est-ce seulement un manque d'empathie de ma part ?...
(J'ai envie de dire du leur surtout….)
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Messagepar AnarkiA » 09 Juil 2012, 22:07

Je vais éviter de répondre tout de suite à ce sujet qui est sensible pour moi en ce moment...
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Re: Misanthrope ?...

Messagepar kerrigan » 10 Juil 2012, 00:57

Eh bien oui effectivement, ça m'arrive très souvent, malgré que j'essaye de faire de gros efforts. J'ai énormément de mal à me sociabiliser, à parlé de tout et de rien avec les gens, et je suis toujours très (trop?) exigeant avec eux, je me lasse vite des gens qui m'entourent car tout leur défaults me sautent aux yeux et je finis par ne voir plus que ça...C'est une forme d'intolérance que j'ai du mal à géré, mais je fais vraiment des efforts, du moins j'essaye.

Cloud-Nine a écrit:Mais pour ma part je n'arrive tellement pas a supporter la quasis totalité des gens qui m'entoure que j'en remet en question mon existence dans ce monde…


Personnellement je remet plutôt en question l'existence de la quasi totalité des gens qui m'entourent... ^^
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Messagepar Scarhatred » 10 Juil 2012, 09:49

Au contraire de vous j'ai du mal à comprendre les gens misanthropes. A un autre niveau c'est comme les gens qui arrêtent pas de penser que la vie est moche, que le monde court à sa perte etc je vois ça comme un manque flagrant d'envie de vivre et de gestion de sa vie. Je parle pas des gens qui apprécient la solitude je parle bien des cas de misanthropie. Comme le dit kerrigan ça me parait être un grand manque de tolérance et aussi je trouve cette réaction très prétentieuse.

J'imagine bien que ce post ne va pas vous faire plaisir, ne le prenez pas comme une agression je ne vous connais pas personnellement. Donc non je ne suis pas concernée par le sujet, à défaut d'aimer tout le monde j'aime les gens j'aime (sans déc) et c'est déjà pas mal, et aimant la sociologie et ce genre de matières, je trouve que côtoyer les gens est intéressant et instructif.
Car jamais tu n’aurais pu me réapprendre à vivre. Parce que j’ai réappris toute seule. En quittant la demeure et en partant. Tu me diras au revoir et tu devras partir.
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Messagepar B.D.B. » 10 Juil 2012, 10:12

Un peu comme Scar, je n'ai pas cette aversion d'autrui, je ne l'ai jamais eu, et il faut vraiment une excellente raison avant que j'ai quelqu'un dans le collimateur., je ne suis pas plus concernée que ça par le sujet, mis à part que certains membres de ma famille le furent, et certains le sont toujours (et les propos de Cloud-Nine passeraient pour ceux d'un Bisounours à côté...) .Je pense que ce n'est pas qu'une simple question de tolérance. Je pense qu'une remise en question de soi même s'impose, mais cela n'engage que moi bien sûr. On ne devient pas ainsi du jour au lendemain, ça n'a rien à voir avec la différence, le style original, ou le manque de tolérance de certains de nos congénères, ou bien encore le fait que certains soient vraiment des gros c****rds. Je pense que le problème est ailleurs, qu'il est tout autre, et qu'il est d'une dimension autre que celle du relationnel, surtout quand c'est permanent, voir irréversible. Après il y a des moments dans la vie où le besoin de misanthropie est nécessaire, un repli sur soi, une certaine introspection, le besoin de faire le vide autour de soi. Mais que ça reste tout le temps, c'est un peu malsain quand même. C'est ma vision perso, ça n'engage que moi, je ne juge pas cette façon d'être, et pis si t'es "heureuse" comme ça ma foi ;) .....
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Messagepar AnarkiA » 10 Juil 2012, 10:17

Tu sais la plupart du temps tu n'as pas le choix. Quand tu as sur ta route, ton existence des centaines de personnes qui ne véhiculent que bétise et contradiction, tu changes petit à petit de caractère...

Mon homme est je pense, profondément misanthrope, quant à moi, j'ai fais mon métier par amour des gens, de l'autre. Malheureusement, plus je vis, plus je me développe, développe mes croyances, religieuses, politiques, et plus je les partage, plus je me rends compte à quel point nous vivons dans un monde surfait, superficiel, et totalement aseptisés, fait de grands excités et de narcissiques assumés.
Des gens qui ramènent tout à eux, toujours, qui sont racistes, intolérants, mal élevés...Que ce soit du cas le plus extrême, les skined avec qui je me prends la tête, aux gens qui, sur la route, t'insultent de "salope" parce que tu te trompe de route, au bout d'un moment tu as juste envie de leur dire de prendre un recul sur le monde, de se dire qu'ils ne sont que des morceaux d'atome perdus dans l'univers et que merde, ils finiront aussi par crever, alors DU CALME.

J'ai de plus en plus de mal à vivre dans ce monde avec les autres, et cette constatation me fait énormément souffrir, car contrairement à ce que tu peux penser, ce n'est pas le reflet d'un égocentrisme, mais du cumule d'emmerdement que les gens peuvent te faire subir durant des dizaines d'années lorsque tu décide de prendre ta vie en main et de ne pas tout accepter. En France particulièrement, on aime pas les gens entreprenants, la difference, on arrive pas à accepter l'autre, ses appartenances...
Quand toute la journée tu entends des saloperies sur les prêtres (Neo dernier en date) alors que toi tu aime cette religion, tu la respecte, comment ne pas finir par avoir les larmes aux yeux et de dire "mais bande de connards vous allez vous la fermer ?", idem quand c'est mon métier qu'on insulte, ma façon de vivre, mon couple, mes fringues, mon chien, absolument tout. Au course on me fonce dans le ventre avec un caddie, sans s'excuser, alors que je suis enceinte, sans aucun scrupule, c'est à devenir fou, totalement fou...

Intolérance de l'intolérance ? Je me souviens de cette phrase en philo sur la tolérance "tout accepter, c'est ignorer".

Vous avez peut être la chance mesdames de savoir mieux que moi vous préserver de ces agressions quotidienne, de moins les vivre ou d'avoir une autre manière de les ressentir. Je suis passée par le harcèlement moral, sexuel, et même jusqu'à la tentative d'assassinat, et tellement rarement j'ai trouvé face à moi des gens compatissant à ma douleur, c'était toujours "arrête de te plaindre et avance", comme si les sentiments ne faisaient plus partis de ce monde. J'ai cherché très longtemps des gens qui pourraient comprendre ma détresse d'aimer les autres sans être aimée par eux, en tout cas sans en avoir l'impression. Maintenant je me tourne vers des gens, des hommes en particuliers, très fort sur ce point, qui sont tolérants, mais qui n'hésitent pas à ne pas se laisser marcher sur les pieds.

Car je pense que ce dégout de l'autre vient de moi, du fait que je me laisse toujours faire et que ça me blesse quoi qu'il arrive. Avec plus de recule, moins de souffrance, l'autre cesse d'être un ennemi...

PS : Après je suis profondément croyante et j'aime le monde qui m'entoure, jamais je ne pourrai souhaiter la mort de quelqu'un ou le maudire, le hair et j'ouvrirai même ma porte à mes ennemis si ils étaient dans le besoin. Je pense donc que c'est plus un ras le bol général qu'une vraie misanthropie.
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Messagepar kerrigan » 10 Juil 2012, 11:06

Eh bien, je ressens également ce ras le bol que tu décris. Le problème c'est que les attentes de tout le monde sont différentes concernant les autres, et que notre ras le bol ne sera probablement pas fondé sur les mêmes critères (aussi bien tu me trouverais insupportable irl et aurais tôt fais de me classer dans la catégorie des connards ^^).
Malheureusement je pense aussi qu'il y a un effet de spiral. Comme on nous apprend dans la vente, si on tombe sur un client insupportable, qui nous prend royalement la tête, on doit malgré tout sourire au client suivant. Et dans la vie je pense que c'est pareil mais à plus grande échelle. Si on tombe sur un très grand nombre de gens horriblement pathétique, chiant, irrespectueux, égocentriques et j'en passe, on fini par être beaucoup moins ouvert, même avec les gens que l'on ne connait pas. Mais comme il n'y a pas de manager derrière pour nous dire de sourire au suivant...c'est à chacun de faire l'effort soi même, chose que j'ai du mal à faire. Et je pense que c'est une des raisons possible, expliquant mon manque d'ouverture aux autres.
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Messagepar B.D.B. » 10 Juil 2012, 12:08

* le coup du caddie le bide je connais :evil: *

Vos réactions sont plus que justifiées et compréhensibles, mais il faut savoir aussi prendre sur soi, même si c'est hard, sans culpabiliser ou se sentir faible. Il faut savoir encaisser, et savoir rendre aussi quand il y a besoin de le faire, sans scrupules, aucuns. J'ai tendance à occulter un peu le monde extérieur, parfois je croise des gens qui en valent le détour, qui en valent la peine, et qui ne méritent pas de finir dans la même catégorie que les autres connards, parfois ce sont des gens qui au premier abord ne sont pas avenants, mais qui sont sensibles à l'intérêt qu'on leur témoigne, et change d'attitude petit à petit. Je ne pense pas avoir plus de chance que ça, j'ai été conditionné ainsi on va dire, mais comme toutes personnes j'ai des limites, et certaines ne sont pas à franchir, mais alors vraiment pas, autant on peut me chier dans la gueule, j'en ai rien à foutre, mais alors, rien, ça me laisse de marbre, mais si on s'en prend à quelqu'un auquel je tiens, pas de quartiers, pas de miséricorde, rien que dalle, nada, c'est la potence un point c'est tout. tu touche à mes animaux, ou à un animal devant moi, à mes mômes, à mon mari, à quelqu'un qui ne mérite pas qu'on lui fasse du mal, t'es mort, ou vaux mieux pour toi de courir vite et de changer de galaxie, j'suis pas rancunière, mais j'ai la dent dure et j'oublie RIEN.
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Messagepar Pierstoval » 10 Juil 2012, 12:56

kerrigan a écrit:Malheureusement je pense aussi qu'il y a un effet de spiral. Comme on nous apprend dans la vente, si on tombe sur un client insupportable, qui nous prend royalement la tête, on doit malgré tout sourire au client suivant. Et dans la vie je pense que c'est pareil mais à plus grande échelle.
Sauf que j'ai l'impression que tu te rends pas compte que dans la vie, on n'est redevable de rien à personne. Lorsque tu travailles, il y a un échange donnant-donnant entre ton employeur et toi, qui s'installe, et qui "t'oblige" à sourire au client pour être payé à la fin du mois (je schématise).
Dans la vie, si on ne sourit pas à quelqu'un, c'est pas pour autant que l'on va mourir sitôt. De ce fait, il n'y a aucune motivation réelle, il n'y a que des questions d'éthique, respect, etc., qui elles ne sont présentes que de façon abstraite dans notre quotidien.
En partant de ton principe, on se formate à réagir comme si l'on était l'employé de notre propre vie, or, ce n'est pas le cas, et "moi personnellement j" 'estime être maître de ma vie autant que possible. Donc je ne dois rien à qui que ce soit d'autre que moi-même.

kerrigan a écrit:Si on tombe sur un très grand nombre de gens horriblement pathétique, chiant, irrespectueux, égocentriques et j'en passe, on fini par être beaucoup moins ouvert, même avec les gens que l'on ne connait pas.
Exactement, et si l'on voit ça depuis tout petit, et que l'on est quelqu'un de sensible, c'est d'autant plus vrai, d'où cette misanthropie chronique que peuvent subir certains. Je dis "subir" car pour moi le principe de misanthropie est de ne pouvoir évoluer avec qui que ce soit, mais d'être touché par quoi que ce soit provenant de qui que ce soit. Autrement dit, on n'aime personne mais on ne peut s'empêcher de vivre avec eux.

Cela part d'un principe de sociabilité existentielle que chacun essaie d'avoir avec son environnement. Du fait que l'on ne peut vivre totalement seul, on doit vivre avec les autres. Si les autres ne nous voient pas, cela nous touche dans notre égo, car nous souhaitons tous être des individus uniques dans un ensemble massif d'individus similaires entre eux. Et c'est là que le clivage se fait.

On se pense, non, je devrais plutôt dire "on se sait" unique, donc on veut le montrer. Les autres étant "les autres", et pas "chaque individu auquel je fais face", on les considère tous de la même façon, à savoir celle qui nous a toujours fait le plus de mal, et on commence à considérer notre existence comme une suite de rencontres avec des connards, idiots et intolérants, alors qu'on est nous-mêmes intolérants envers les autres.


B.D.B. a écrit:Je ne pense pas avoir plus de chance que ça, j'ai été conditionné ainsi on va dire, mais comme toutes personnes j'ai des limites, et certaines ne sont pas à franchir, mais alors vraiment pas(...)

Je pense que ce côté "limites" est une piste à explorer pour mieux étudier ce "mouvement" dont nous parle Cloud-Nine. Justement, nos limites, ne seraient-elles pas tout simplement des espèces de faire-valoir, qui une fois franchies permettraient de substituer au respect simplement un élan de colère que l'on veut réprouver ?

B.D.B. a écrit:(...), autant on peut me chier dans la gueule, j'en ai rien à foutre, mais alors, rien, ça me laisse de marbre, mais si on s'en prend à quelqu'un auquel je tiens, pas de quartiers, pas de miséricorde, rien que dalle, nada, c'est la potence un point c'est tout. tu touche à mes animaux, ou à un animal devant moi, à mes mômes, à mon mari, à quelqu'un qui ne mérite pas qu'on lui fasse du mal, t'es mort, ou vaux mieux pour toi de courir vite et de changer de galaxie, j'suis pas rancunière, mais j'ai la dent dure et j'oublie RIEN.

C'est un sentiment bien noble que celui de vouloir protéger ta famille, les animaux, défendre la veuve et (ou contre?) l'orphelin. Sauf que tu estimes que "t'es mort ou vaux mieux pour toi de courir vite et de changer de galaxie" si tu touches à quelqu'un qui ne mérite pas qu'on lui fasse du mal.
Or, n'es-tu pas aussi quelqu'un qui ne mérite pas qu'on lui fasse du mal ?
Pourquoi ton mari ou tes enfants mériteraient-ils plus qu'on les défende que le mec qui fera du mal à tes enfants ? S'il s'agissait d'une personne comme toi, en face, qui estime elle aussi qu'on ne doit pas faire de mal à ses enfants, et que l'un de tes enfants aura fait du mal à ses enfants, crois-tu seulement que l'enfant à qui aura fait du mal ton enfant l'avait mérité ou non ?

Je pense qu'il faut partir d'un principe binaire, car la demi-mesure est difficile dans le domaine du respect, qui expose simplement l'être humain en tant qu'humain, et pas en tant que ton fils, ta fille ou ton mari. Si ton mari ne mérite pas qu'on lui fasse du mal, alors ton voisin non plus. Si ton voisin file de la mort-au-rat à ton chien, ton chien ne l'aura pas mérité selon toi, sauf que du point de vue de ton voisin, peut-être l'aura-t-il mérité, car peut-être qu'il aura chié dans le couffin de son bébé, peut-être aura-t-il blessé ou bouffé son chat, peut-être aura-t-il déraciné un arbuste qu'il avait planté à la naissance de son enfant. Au final, tu n'en sais rien, et tout est une question de point de vue.

Rien ni personne ne mérite qu'on lui fasse du mal, mais ça c'est un autre débat je pense. Et puis tu dis que tu t'en fous de te faire chier dans la gueule, sauf que si je viens avec une batte de baseball, que je te moleste jusqu'au coma, que tu te réveille enchaînée au plafond couverte d'hématomes et de taches blanches douteuses, l'estomac en train de se retourner sur lui-même, et que tu restes comme ça des semaines, je pense que tu en auras gros sur la patate, parce que tu penseras n'avoir pas mérité ça.

Tes enfants ne le méritent pas, alors toi non plus.



Pour en revenir au sujet, je suis d'avis que la misanthropie n'est pas un élan volontaire de haine envers l'humanité toute entière, mais simplement la traduction d'une foule de souffrances subies tout au long de la vie, en une colère froide et difficilement contrôlable envers quiconque ressemble un tant soit peu à l'une des sources de cette souffrance.

Personnellement, je me qualifie de connard misanthrope pour la simple et bonne raison que je suis incapable d'être à l'aise en présence d'un groupe de personnes dont le nombre dépasse le QI de Jean-Claude Van Damme. Autrefois, dans les soirées, je dansais sans problème avec d'autres jeunes, quand j'avais huit ans. A l'âge de dix ans, dans ces mêmes soirées, les mêmes personnes dansaient de plus en plus écartées de mon centre de gravité émotionnel. A l'âge de douze ans, je ne pouvais même plus parler à ces gens sans entrapercevoir un tic facial, un soupir de gêne ou un "ta gueule" bien placé. A partir de cet âge-là, j'ai commencé à me demander si, dans ces soirées, j'avais changé d'attitude ou si les autres avaient changé. N'ayant pas eu de réponse, j'ai essayé de prendre autant de recul possible, m'apercevant que c'était un peu mutuel. Ces gens ne partageaient pas mes goûts et loisirs, dont on ne parlait pas avant, et ils me le rendaient bien en estimant que ceux-ci étaient stupides ou trop décalés pour mériter que l'on s'y intéresse.

C'est à peu près entre l'âge de dix et douze ans que j'ai vraiment commencé à en avoir marre des gens qui m'entouraient. Je les évitais, autant que possible, néanmoins la cruauté d'un collégien surpasse largement le fait de vouloir l'éviter en s'asseyant en face du bureau des surveillants de la cour de récré. Coups dans la gueule, vols, pression et autres "bullys" ont peuplé les quatre années de collège que j'ai passées, et très franchement, avec du recul, du haut de mes vingt-trois ans froidement passés, je retrouve le même genre d'attitude dominatrice, de pressions et de tortures provenant de beaucoup de gens.
J'en ai donc conclu que la cruauté d'un collégien est simplement de la cruauté tout court, puisque l'âge doublant, celle-ci ne s'éteint qu'au profit d'une autre forme d'envie de domination et de pouvoir.


C'est pour ça qu'à mon avis la misanthropie est simplement une maladie, un cercle vicieux dans lequel on est entrés ou pas à un moment de notre vie. Les souffrances ne venant pas forcément du collège comme moi, mais de plein d'autres situations similaires, tendent à ouvrir des plaies que l'on se refuse à fermer car nous estimons que notre colère envers notre bourreau est légitime (ce que je pense, avec véhémence même).

Je pense qu'il est presque plus normal de n'aimer personne plutôt que d'aimer tout le monde.

Après, ça ne m'empêche pas d'essayer d'avoir des relations sociales avec des gens que j'apprécie beaucoup...
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Messagepar kerrigan » 10 Juil 2012, 13:00

Se qui me fait rire, c'est qu'il y a de fortes chances pour que je ne sois même pas ami avec moi même si je me rencontrais ! Je me trouverais sans doute trop froid et distant ou quelque chose du genre . . .
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Messagepar Pierstoval » 10 Juil 2012, 13:02

kerrigan a écrit:Se qui me fait rire, c'est qu'il y a de fortes chances pour que je ne sois même pas ami avec moi même si je me rencontrais ! Je me trouverais sans doute trop froid et distant ou quelque chose du genre . . .

Ce qui est tout-à-fait normal, car lorsque l'on n'aime personne, on ne peut s'aimer soi-même non plus.
Dans les relations sociales on cherche à trouver un idéal, quelqu'un qui correspondrait exactement à ce que l'on voudrait être, peut-être.
Et quelqu'un de misanthrope, souvent, c'est quelqu'un qui n'aime pas ce qu'il est, ce qu'il vit ou ce qu'il projette.
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Messagepar B.D.B. » 10 Juil 2012, 13:33

Dans les grandes lignes c'est vrai ce que tu dis, aussi, peut être me suis je mal exprimée sur certains point. Je ne cherche pas le fight à tout prix, et je réagis vivement rarement sans raisons, mais jamais sans mesurer le pour et le contre, comme tu l'as souligné, ce qui peut être une agression pour moi, peut l'être également à autrui, on essaie toujours de s'entretenir entre parties belliqueuses civilement avant de s'entre tuer XD. Néanmoins, en cas d'injustice flagrante, et je dis bien FLAGRANTE, je sors de mes gonds, désolée, même envers quelqu'un que j'apprécie fortement. J'aime pas l'injustice. Enfin, je ne pense pas que tu sois un connard, ni toi, ni tout ceux qui éprouvent cette réticence envers tout ces gens qui vous ont témoigné du mépris, ou qui continuent de le faire d'une façon ou d'une autre. Je vous rejoins sur le fait que la misanthropie est telle une maladie, ne pas panser ces plaies pour ne pas oublier, c'est bien, mais parfois c'est l'entourage qui en subit les conséquences, cette colère qui macère pendant des années, parfois elle a tendance à se répercuter sur ceux auxquels on tient, pour peu qu'ils ai eu le malheur de faire un faux pas et de réveiller d'anciennes blessures involontairement, et sans aucunes malices de leurs parts, ou de faire revivre une situation douloureuse sans le vouloir, et c'est ça pas marrant au quotidien quoi.
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Messagepar Lord N » 10 Juil 2012, 13:53

Le problème de la misanthropie, c'est qu'on conditionne notre cerveau à voir les choses d'une certaine manière... On appelle ça une prédiction auto-réalisatrice, et ça marche de la même façon avec la paranoïa (un autre trait fréquemment possédé par les misanthropes chroniques).

Si tu choisis de voir les hommes comme étant mauvais, tu trouveras plein d'exemples pour le faire, et tu alimenteras ta propre croyance au point de ne plus pouvoir en sortir... Mais ça n'est rien d'autre que ça : une croyance. Non pas "la Réalité", mais une INTERPRÉTATION de la réalité.

Après, est-ce que cette interprétation est plus "vraie" qu'une autre ? Peut-être, peut-être pas, et là n'est pas la question je pense. La question serait plutôt : "est-ce que cette interprétation est plus UTILE qu'une autre ? Est-ce qu'elle m'aidera à aller mieux, ou moins bien ?

Comme le dit Piers, le problème des misanthropes n'est pas "les gens", c'est eux-mêmes. Ils leur manque quelque chose en eux-même dont ils projettent le manque sur les autres.
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Messagepar Seraf » 10 Juil 2012, 13:55

Personnellement, je ne suis pas misanthrope (ou je ne le suis plus, je ne sais pas). Je suis quelqu'un qui est assez solitaire, de base, et qui part du principe qu'on la trahira, qui est paranoiaque, qui n'accorde pas sa confiance, mais j'aime bien les gens. Vraiment. J'aime partager avec eux, j'aime échanger. C'est pas pour rien que je suis une bloggeuse et que je travaille en équipe. J'aime les gens. J'aide les gens quand je le peux, je me decarcasse aisément, et je n'attend a peu pres rien en retour. Ca ne fait pas de moi un bisounours, comme BDB je n'oublie rien, j'applique le "never forget, never forgive", mais c'est jamais de la haine ou des envies de meurtre a part sur le coup de l'enervement (je suis humaine, oh).

Par contre, dans mes connaissances, dans ce cher milieu goth ou pas d'ailleurs, j'ai beaucoup de "misanthropes", beaucoup trop a mon gout. sauf que généralement il est accompagné d'une autosuffisance a tout égard qui me porte joyeusement sur le systeme. Le genre a rabaisser quiconque n'a pas les memes connaissances que lui, plutôt que d'aider, le genre a faire une montagne d'un minable détail absolument pas volontaire mais qui donne de l'eau au moulin de leur haine/mepris/misanthropie. J'ai l'impression trop souvent d'être face a des gens qui se croient tellement au dessus de tout le monde que s'en est agacant (surtout parce qu'ils ne le sont pas). C'est un peu comme l'histoire de la poutre et de la paille quoi. Je peux comprendre qu'on soit décu par la nature humaine et tout, mais de la a etre aussi insupportable, pédant et hautain, c'est autre chose. C'est encore pire quand tu mets des misanthropes ensembles (ouais, c'est concept) et qu'ils passent leur temps a jouer l'élite, la caste supérieure en ce moquant et rabaissant la plèbe.

Malheureusement, je pense aussi que c'est une sorte de cercle vicieux et qu'il est bien difficile de sortir de cette spirale haineuse. C'est dommage, car parfois, c'était des gens que j'aimais bien, a qui je tenais, mais leur auto-suffisance fait que je me suis éloignée d'eux a force de devoir supporter leur misanthropie (d'un autre coté, j'devais pas être mieux que les autres a leurs yeux je suppose :? )
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Messagepar Arken » 10 Juil 2012, 13:59

Pierstoval a écrit:Pour en revenir au sujet, je suis d'avis que la misanthropie n'est pas un élan volontaire de haine envers l'humanité toute entière, mais simplement la traduction d'une foule de souffrances subies tout au long de la vie, en une colère froide et difficilement contrôlable envers quiconque ressemble un tant soit peu à l'une des sources de cette souffrance.

Tu viens d'exprimer exactement ce que je pense et ce que je ressens sur le sujet, mot pour mot. Je ne dirais pas mieux.

Pierstoval a écrit:J'en ai donc conclu que la cruauté d'un collégien est simplement de la cruauté tout court, puisque l'âge doublant, celle-ci ne s'éteint qu'au profit d'une autre forme d'envie de domination et de pouvoir.

J'ai mon idée là dessus. Je pense vraiment que les jeunes qui s’amusent à maltraiter leurs congénères sont eux même mal dans leur peau. Leur besoin de domination viens parfois du fait qu'ils s'en sont eux même pris plein la tronche, et qu'ils déchargent leur aigreur sur le premier venu qui leur semble assez faible. Je l'ai déjà constaté chez un individu, dans mon entourage scolaire.

B.D.B. a écrit:Je vous rejoins sur le fait que la misanthropie est telle une maladie, ne pas panser ces plaies pour ne pas oublier, c'est bien, mais parfois c'est l'entourage qui en subit les conséquences, cette colère qui macère pendant des années, parfois elle a tendance à se répercuter sur ceux auxquels on tient, pour peu qu'ils ai eu le malheur de faire un faux pas et de réveiller d'anciennes blessures involontairement, et sans aucunes malices de leurs parts, ou de faire revivre une situation douloureuse sans le vouloir, et c'est ça pas marrant au quotidien quoi.

Très juste.

En général, l'on cherche à conserver le souvenir des souffrances vécues, afin de ne pas oublier à quel point les autres peuvent se retourner contre vous, à tout moment. D'où ce sentiment de méfiance perpétuel, cette nécessité ressentie de ne pas accorder trop facilement sa confiance ou son amitié à quelque un, de peur de revivre les expériences passées.
Effectivement, estimer le standard de la cruauté humaine par rapport à ses expériences personnelles, qui ne sont pas nécessairement représentatives de la réalité, n'aident pas à avoir un comportement jovial et avenant... mais je pense fermement que l'on peut "guérir", si l'on se donne la force d'aller au delà du passé, de voir d'autres gens...

Lord N a écrit:Si tu choisis de voir les hommes comme étant mauvais

Ce n'est pas un choix! On est amené à voir les choses comme ça, parce qu'il s'agit de la seule vision du monde dont on dispose, celle que l'on a acquise par l’expérience!

Bon, maintenant, de là à dire que je suis misanthrope... je ne sais pas vraiment... je préfère employer les mots avec précaution.
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Messagepar Lord N » 10 Juil 2012, 14:46

Arkenziel a écrit:
Lord N a écrit:Si tu choisis de voir les hommes comme étant mauvais

Ce n'est pas un choix! On est amené à voir les choses comme ça, parce qu'il s'agit de la seule vision du monde dont on dispose, celle que l'on a acquise par l’expérience!

Ce n'est peut-être pas un choix conscient, mais c'est un choix tout de même, et pas une fatalité : on est responsable de la manière dont on décide de réagir à la "réalité", et on peut changer notre manière de l'interpréter.
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Messagepar Arken » 10 Juil 2012, 15:07

Lord N a écrit:Ce n'est peut-être pas un choix conscient, mais c'est un choix tout de même

Dans ce cas, ce choix ne dépend pas entièrement du libre-arbitre. Et avant d'accéder à cet "inconscient", et de pouvoir par conséquent régler le problème, il faut effectuer un travail sur soi qui peut prendre des années.
Donc oui je suis d'accord, ce n'est pas une fatalité comme je l'ai dit plus haut, et il ne faut pas se morfondre dans cet état sans chercher de solution. Mais cette solution n'est accessible qu'après un cheminement complexe, ce qui sous-entend qu'entre-temps, il faut arriver à vivre avec.
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Messagepar Pierstoval » 10 Juil 2012, 16:35

Arkenziel a écrit:
Lord N a écrit:
Arkenziel a écrit:
Lord N a écrit:Si tu choisis de voir les hommes comme étant mauvais

Ce n'est pas un choix! On est amené à voir les choses comme ça, parce qu'il s'agit de la seule vision du monde dont on dispose, celle que l'on a acquise par l’expérience!

Ce n'est peut-être pas un choix conscient, mais c'est un choix tout de même, et pas une fatalité : on est responsable de la manière dont on décide de réagir à la "réalité", et on peut changer notre manière de l'interpréter.

Dans ce cas, ce choix ne dépend pas entièrement du libre-arbitre. Et avant d'accéder à cet "inconscient", et de pouvoir par conséquent régler le problème, il faut effectuer un travail sur soi qui peut prendre des années.
Donc oui je suis d'accord, ce n'est pas une fatalité comme je l'ai dit plus haut, et il ne faut pas se morfondre dans cet état sans chercher de solution. Mais cette solution n'est accessible qu'après un cheminement complexe, ce qui sous-entend qu'entre-temps, il faut arriver à vivre avec.

Désolé je fais un truc que je déteste, à savoir des quote de quote de quote (quodêêêêc !) , mais c'est pour souligner l'intérêt de ceci : le choix

Je pense que tout dans la vie est une question de choix. Ce qui nous identifie, ce sont les choix que nous effectuons tout au long de notre vie.

Si nous sommes misanthropes, c'est que nous avons choisi de ne pas refermer ces plaies, et d'entretenir une verve haineuse et/ou colérique envers une partie de l'humanité.

Le fait de se remettre en question dure des années, comme tu le dis Arkenziel, sauf que ce n'en est pas moins un choix supplémentaire. Comme le choix de détester tout le monde, le choix de se lever à telle heure, ou de préférer le bleu au rouge. Un jour, nous avons choisi, et certains de ces choix sont indéfectibles, à moins de faire d'autres choix.

Pour la question du choix, la philosophie présente dans l'univers de Matrix est très intéressante à étudier.

De mon côté, j'ai choisi de ne pas vouloir me mêler à une quelconque forme de foule ou de masse. J'ai choisi aussi de ne pas accepter les souffrances que j'ai vécues, et j'ai choisi enfin d'accepter de continuer à détester une certaine personne à cause de ce que j'ai subi à cause d'elle (car oui, même si une personne s'attaque à une autre et pas à nous, si ça nous touche, on le subit autant que la personne attaquée, mais d'une autre façon).

Je continue avec ceci :
Lord N a écrit:Si tu choisis de voir les hommes comme étant mauvais, tu trouveras plein d'exemples pour le faire, et tu alimenteras ta propre croyance au point de ne plus pouvoir en sortir... Mais ça n'est rien d'autre que ça : une croyance. Non pas "la Réalité", mais une INTERPRÉTATION de la réalité.
Posons-nous la question, dans ce cas, de ce qu'est la Réalité ? Ce qui est Réel ? En faisant le lien entre les deux, on peut reprendre une réplique célèbre :
Morpheus, dans Matrix a écrit:Qu'est ce que le réel ? Quel est ta définition du réel ? Si tu veux parler de ce que tu peux toucher, de ce que tu peux goûter, de ce que tu peux voir et sentir, alors le réel n'est seulement qu'un signal électrique interprété par ton cerveau.
Je pense que cela signifie que tout ce que nous percevons ou ressentons est une réalité introspective, relative à notre propre personne. Les faits et choses concrètes sont établies, comme le verre, la terre, l'eau ou le feu, mais chacun les perçoit différemment, alors qu'ils sont tous identiques. Certains trouveront un bol de thé très chaud, brûlant au point de se méfier d'y toucher de peur de s'y brûler. D'autres y boiront en prenant garde, et apprécieront la chaleur intense de celui-ci.
Je pense que les sentiments sont également sujets à ce genre de règle. Chacun nous avons notre propre perception de notre environnement, et donc des autres individus.
Et en tant qu'être Humain, il est très difficile (à mon sens impossible, mais d'autres diront le contraire) de percevoir notre interlocuteur comme un individu, car nous aurons des préjugés qui nous serons propres, des impressions, des idées sur sa personnalité qui seront différentes de sa réalité à lui.

C'est comme ce qu'on dit, ce qu'on pense dire, ce qu'on veut dire, ce qu'on a dit, ce que l'autre a entendu, ce que l'autre a compris, ce que l'autre a voulu comprendre, ce que l'autre a pensé entendre, ce que l'autre a voulu comprendre... Tout ça sont rapport à des actes complètement subjectifs, et à mon avis, la misanthropie comme la compassion ultime ne sont que des interprétations personnelles de ce que chacun pense et veut.

Lord N a écrit:Après, est-ce que cette interprétation est plus "vraie" qu'une autre ? Peut-être, peut-être pas, et là n'est pas la question je pense. La question serait plutôt : "est-ce que cette interprétation est plus UTILE qu'une autre ? Est-ce qu'elle m'aidera à aller mieux, ou moins bien ?
Alors ta question étant double (concerne l'utilité de l'interprétation, et la potentielle aide qu'elle nous apporte), je répondrai forcément NON à la première, et à la deuxième, qu'elle est relative à chacun.

Un psy nous dira peut-être que c'est mauvais de penser du mal de tout le monde, mais un misanthrope pensera qu'il a les yeux ouverts et qu'il est face à la réalité (je schématise).

La question la plus importante (à mes yeux en tout cas) est donc la deuxième : Est-ce qu'être misanthrope m'aidera à me sentir mieux dans la vie, ou pas ?
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Messagepar Arken » 10 Juil 2012, 17:30

Pierstoval a écrit:La question la plus importante (à mes yeux en tout cas) est donc la deuxième : Est-ce qu'être misanthrope m'aidera à me sentir mieux dans la vie, ou pas ?

Pour moi la réponse est évidente... mais peut être qu'elle ne l'est que pour moi finalement.
Je pensais que la grande majorité des gens "misanthropes" n'aimaient pas leur condition; sachant qu'elle est le fruit de souffrances, elle ne peut pas apporter autre chose en retour, car il y a pour moi une différence entre un isolement choisi, qui n'est causé par aucun évènement douloureux, et une mise à l'écart résultant d'un passé difficile avec les autres et de la crainte de revivre ce passé.

Voila pourquoi j'ai du mal à admettre que cet état résulte réellement d'un "choix"; si c'était le cas, alors j'aurais largement préféré me débarrasser de cette hargne d'un seul coup, repartir à zéro et passer à autre chose immédiatement, car je n'aime pas être comme ça.
Mais si choix il y a, alors il réside dans la volonté d'entreprendre le "chemin inverse", avec tout ce que cela implique d'efforts, de relativisation de ce que l'on a vécu, d'ouverture d'esprit à acquérir, pour redevenir celui ou celle que l'on étais avant de devenir "misanthrope", en sachant que cela n'aboutit pas toujours comme on le souhaiterais.

On peut choisir de ne plus vouloir porter ça (on peut toujours choisir tous les objectifs que l'on veut pour soi), mais on ne contrôle pas toujours le résultat. On n'arrive pas forcément à tout réparer. Choisir ne veut pas forcément dire réussir.


Maintenant, peut être existe t-il des personnes qui ont intégré volontairement leur misanthropie, et qui s'en portent bien, même si j'ai du mal à le concevoir. J'ai vraiment du mal à croire qu'ils choisissent réellement cet isolement de leur plein gré... mais après tout, pourquoi pas...?
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Messagepar Zombinette » 10 Juil 2012, 17:50

Je répondrais plus longuement et de manière réfléchie plus tard mais pour le moment une chose est sûre pour moi: bientôt je retourne à la fac (reprise d'études après avoir travaillé) et j’appréhende à mort le fait de me retrouver entourée de plein de jeunes. Je ne suis pas vieille (23 ans) ni agoraphobe mais les gens me sortent par les yeux! Surtout les jeunes!

Si je lance un regard sur mes expériences "sociales" passées c'est clair que j'ai surtout rencontré des gens que je trouvait c****, égoïstes,... (pour aller vite hein), et ce depuis toute petite. Je me suis conditionnée là dedans si tant est que toute personne que je ne connais pas comme les gens que je croise dans la rue je les range automatiquement dans la catégorie "je ne t'aime pas tu es probablement quelqu'un de mauvais". Attention je ne regarde pas les gens dans la rue en me disant "toi t'es un c**, toi t'es si,..." mais je n'aurais pas tendance à voir le bien en eux. Je n'aime pas qu'on s’assoie à côté de moi dans les transports urbains, j'ai horreur qu'on me racole pour me parler d'une association, je trouve les gens faux et malhonnêtes. Je ne pense pas pour autant avoir raison sur ces points et paradoxalement j'aime aider les gens, les écouter et les rencontrer.
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Messagepar AnarkiA » 10 Juil 2012, 20:33

Lord N a écrit:Si tu choisis de voir les hommes comme étant mauvais, tu trouveras plein d'exemples pour le faire, et tu alimenteras ta propre croyance au point de ne plus pouvoir en sortir... Mais ça n'est rien d'autre que ça : une croyance. Non pas "la Réalité", mais une INTERPRÉTATION de la réalité.


Je ne suis absolument pas d'accord, j'ai passé toute ma vie dans une optique humaniste à penser que l'homme est bon, a un bon fond. Et c'est d'avoir la preuve du contraire qui m'a détruite. Tous les jours quand je me lève, j'espère pouvoir avoir une preuve du contraire. Et tous les jours je suis déçue. J'essaie bien de me dire "il a eu une mauvaise journée" ou "il a pas envie de parler" "il est pressé de rentrer chez soi" "il ne m'a pas vu", mais le contraire est tellement flagrant...
Si je partais du principe que les gens sont cons, je ne me prendrai pas la tête des centaines d'heures sur FB pour essayer de me faire entendre. Je me dirai "bah il est con et c'est tout".
Sauf que ça c'est le reflet d'une grande surdose d'orgueil que je n'ai pas, et vu que je pars toujours du principe qu'il y a du bon dans l'homme, j'en viens à des heures de crise de larme lorsqu'un discussion se passe mal et que je me rends compte que non, il est juste con.

Après j'avoue que je suis aussi de nature cynique et que je possède un humour difficile à comprendre à l'écrit, du coup les gens pensent souvent que je suis conne alors que je suis très reservée et calme dans la vie. Mais justement, ils sont tellement tournés vers eux même que la moindre blague, le moindre politiquement incorrect les poussent à des réactions extrêmes, et ça en devient juste horriblement blasant.
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Messagepar B.D.B. » 10 Juil 2012, 22:16

* Je me souviens, ma grand mère avait un badge planquée dans sa boite à bijoux estampillé "à chaque jour suffit sa peine". Un jour, par inadvertance, j'en parle avec ma mère - qu'est ce que j'avais pas fait, j'avais ouvert la porte à la flagellation - Elle qui n'était pas au courant de l'existence de cette petite boite, de son contenue. Sa mère est morte quand elle avait 20 ans, ça fait presque 30 ans d'ignorance. Donc je lui dit "voilà, j'ai vu ce badge "à chaque jour suffit sa peine" .... Elle me répond, avec des yeux terribles, tout le feu de l'Enfer doit être contenu dans ses deux pupilles "J'te le fais pas dire connasse (en parlant de feu sa mère), t'aurais mieux fais de crever au lieu de me faire, même morte je te haïrais....." etc, etc, etc.... (et ça a duré un moment) *

Je crois qu'il existe des misanthropies irréversibles, comme une malédiction. Je ne sais pas si entre misanthropes vous pouvez vous soutenir, ou vous en sortir en vous aidant mutuellement, mais franchement, je crois qu'à certains degrés, la marche arrière est impossible, même moi qui suis quelqu'un qui mets du coeur à l'ouvrage pour aider les gens, il m'est arrivé de me prendre des "laisse, tu ne peux rien faire pour moi" "de toute façon ça ne sert à rien" "je n'attends qu'une chose, c'est la mort" etc, ça me fais chier de dire ça, c'est pas mon style de baisser les bras, mais certains sont irrécupérables, c'est un malheur d'être comme ça. Si c'est devenu un "choix" pour certains de réagir ainsi fassent aux agressions du monde extérieur, pour certains c'est un mode de vie, c'est la normalité, et c'est terrible * je ressens un profond désarroi en abordant ce topic ça me laisse pantoise et pleine d'interrogations *
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Messagepar kerrigan » 10 Juil 2012, 23:08

B.D.B. a écrit: il m'est arrivé de me prendre des "laisse, tu ne peux rien faire pour moi" "de toute façon ça ne sert à rien" "je n'attends qu'une chose, c'est la mort"


Même si je pense avoir un bon côté misanthrope, je suis pas suicidaire pour autant, je me porte même plutôt bien, c'est le monde et l'humanité en générale qui se porte mal ! (attention c'est dis avec une pointe d'humour, ne me lapidé pas)

Honnêtement je pense que c'est dans mon caractère, j'ai pas vraiment choisi, j'essaye de faire des efforts mais c'est quand même assez dure d'aller contre soit même.
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Messagepar B.D.B. » 10 Juil 2012, 23:41

Suicidaire je ne sais pas, je pense plutôt qu'il y en a qui se laissent vraiment crever à petits feux :''(
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Messagepar Emasik » 11 Juil 2012, 01:28

Se laisser crever à petit feu n'est pas propre aux misanthrope, regarde moi, je me laisse aller, je pense tout les jours à la mort, je me demande si ça va arriver vite ou pas, tout ceux qui ont voulu m'aider ont abandonné, et pourtant je suis quelqu'un qui aime le contact, très timide, mais je fait assez d'efforts pour ne pas m'estimer misanthrope.
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Messagepar Cloud-Nine » 13 Aoû 2012, 20:12

Bonjour/Bonsoir !
Tout d'abord désolé pour ma réponse tardive et merci pour vos réponses, même si vos avis diverges, c'est un sujet qui me touche particulièrement et vos avis ne peuvent que m'aider ou me rassurer.

kerrigan a écrit:J'ai énormément de mal à me sociabiliser, à parlé de tout et de rien avec les gens, et je suis toujours très (trop?) exigeant avec eux, je me lasse vite des gens qui m'entourent car tout leur défaults me sautent aux yeux et je finis par ne voir plus que ça...

c'est tout à fait ce que je ressent, aux mots près ! J'ai beau faire des efforts, mais rien y fait, leur défaults m'insupporte très vite

kerrigan a écrit:Personnellement je remet plutôt en question l'existence de la quasi totalité des gens qui m'entourent... ^^

Et ouais t'as raison.. ^^ mais c'est en commençant par remettre en cause leur existence que j'en suis venu à remettre en cause la mienne =/

Scarhatred a écrit:A un autre niveau c'est comme les gens qui arrêtent pas de penser que la vie est moche, que le monde court à sa perte etc je vois ça comme un manque flagrant d'envie de vivre et de gestion de sa vie. Je parle pas des gens qui apprécient la solitude je parle bien des cas de misanthropie. Comme le dit kerrigan ça me parait être un grand manque de tolérance et aussi je trouve cette réaction très prétentieuse.

Je ne sais pas si j'ai bien réussi à cerner ce que tu voulais dire, mais je ne pense pas que l'on peux comparer quelqu'un de pessimiste à quelqu'un de misanthrope, ce n'est pas la même chose..:
On parle plutôt de misanthropie lorsque l'on devient déçu du genre humain.
Et je suis d'accord que c'est très prétentieux mais en revanche dire que c'est un manque de tolérance c'est un peu poussé a partir du moment ou l'on ne peux pas accepter ce qui pourrait être inacceptable…

Scarhatred a écrit:J'imagine bien que ce post ne va pas vous faire plaisir, ne le prenez pas comme une agression je ne vous connais pas personnellement. Donc non je ne suis pas concernée par le sujet, à défaut d'aimer tout le monde j'aime les gens j'aime (sans déc) et c'est déjà pas mal, et aimant la sociologie et ce genre de matières, je trouve que côtoyer les gens est intéressant et instructif.

Merci tout de même, tout avis est toujours bon à prendre…

B.D.B. a écrit:Je pense que ce n'est pas qu'une simple question de tolérance. Je pense qu'une remise en question de soi même s'impose, mais cela n'engage que moi bien sûr. On ne devient pas ainsi du jour au lendemain, ça n'a rien à voir avec la différence, le style original, ou le manque de tolérance de certains de nos congénères, ou bien encore le fait que certains soient vraiment des gros c****rds. Je pense que le problème est ailleurs, qu'il est tout autre, et qu'il est d'une dimension autre que celle du relationnel, surtout quand c'est permanent, voir irréversible. Après il y a des moments dans la vie où le besoin de misanthropie est nécessaire, un repli sur soi, une certaine introspection, le besoin de faire le vide autour de soi. Mais que ça reste tout le temps, c'est un peu malsain quand même.

Cette remise en question comme tu dit, je l'ai en permanence.. et j'ai beau me poser plein de question, elles restes sans réponse,
car effectivement, pour ma part, cette misanthropie reste en permanence, et je pense que tu as raison de dire que ça parait malsain, j'en suis consciente, et c'est bien pour cela que je poste aujourd'hui

B.D.B. a écrit:C'est ma vision perso, ça n'engage que moi, je ne juge pas cette façon d'être, et pis si t'es "heureuse" comme ça ma foi ;) .....

Bah le souci justement, c'est que non je ne suis pas heureuse comme ça ^^'

AnarkiA a écrit:Tu sais la plupart du temps tu n'as pas le choix. Quand tu as sur ta route, ton existence des centaines de personnes qui ne véhiculent que bétise et contradiction, tu changes petit à petit de caractère...

Tout à fait d'accord !

AnarkiA a écrit:Malheureusement, plus je vis, plus je me développe, développe mes croyances, religieuses, politiques, et plus je les partage, plus je me rends compte à quel point nous vivons dans un monde surfait, superficiel, et totalement aseptisés, fait de grands excités et de narcissiques assumés.
Des gens qui ramènent tout à eux, toujours, qui sont racistes, intolérants, mal élevés...Que ce soit du cas le plus extrême, les skined avec qui je me prends la tête, aux gens qui, sur la route, t'insultent de "salope" parce que tu te trompe de route,

De même, et c'est pourquoi je ne vois pas en quoi on peux trouver chez eux de l'intérêt..

AnarkiA a écrit:J'ai de plus en plus de mal à vivre dans ce monde avec les autres, et cette constatation me fait énormément souffrir, car contrairement à ce que tu peux penser, ce n'est pas le reflet d'un égocentrisme, mais du cumule d'emmerdement que les gens peuvent te faire subir durant des dizaines d'années lorsque tu décide de prendre ta vie en main et de ne pas tout accepter. En France particulièrement, on aime pas les gens entreprenants, la difference, on arrive pas à accepter l'autre, ses appartenances...
Quand toute la journée tu entends des saloperies sur les prêtres (Neo dernier en date) alors que toi tu aime cette religion, tu la respecte, comment ne pas finir par avoir les larmes aux yeux et de dire "mais bande de connards vous allez vous la fermer ?", idem quand c'est mon métier qu'on insulte, ma façon de vivre, mon couple, mes fringues, mon chien, absolument tout. Au course on me fonce dans le ventre avec un caddie, sans s'excuser, alors que je suis enceinte, sans aucun scrupule, c'est à devenir fou, totalement fou...

J'comprend totalement ce que tu veux dire, mais c'est dans ces moments que j'arrive parfois a me dire que heureusement ils ne sont pas tous pareil, mais malheureusement j'me rend compte très vite que ce que je pourrais ne pas trouver méprisant chez les uns, je le trouve chez les autres, c'est juste infernal !

AnarkiA a écrit:Intolérance de l'intolérance ? Je me souviens de cette phrase en philo sur la tolérance "tout accepter, c'est ignorer".

Je retient, cette phrase illustre parfaitement !

AnarkiA a écrit:Maintenant je me tourne vers des gens, des hommes en particuliers, très fort sur ce point, qui sont tolérants, mais qui n'hésitent pas à ne pas se laisser marcher sur les pieds.
Car je pense que ce dégout de l'autre vient de moi, du fait que je me laisse toujours faire et que ça me blesse quoi qu'il arrive. Avec plus de recule, moins de souffrance, l'autre cesse d'être un ennemi....

Tu n'a pas tord….

kerrigan a écrit:Le problème c'est que les attentes de tout le monde sont différentes concernant les autres, et que notre ras le bol ne sera probablement pas fondé sur les mêmes critères (aussi bien tu me trouverais insupportable irl et aurais tôt fais de me classer dans la catégorie des connards ^^).
Malheureusement je pense aussi qu'il y a un effet de spiral. Comme on nous apprend dans la vente, si on tombe sur un client insupportable, qui nous prend royalement la tête, on doit malgré tout sourire au client suivant. Et dans la vie je pense que c'est pareil mais à plus grande échelle. Si on tombe sur un très grand nombre de gens horriblement pathétique, chiant, irrespectueux, égocentriques et j'en passe, on fini par être beaucoup moins ouvert, même avec les gens que l'on ne connait pas. Mais comme il n'y a pas de manager derrière pour nous dire de sourire au suivant...c'est à chacun de faire l'effort soi même, chose que j'ai du mal à faire. Et je pense que c'est une des raisons possible, expliquant mon manque d'ouverture aux autres.

Tu n'a pas tord,
Mais justement pour ma part, je fait toujours en sort que je ne parait pas fermer aux autres, sourire au suivant, c'est ce que je fait et ce que je pourrais faire a chaque fois mais le soucis ce que je sais qu'au fond ce n'est nullement sincère...


B.D.B. a écrit:mais comme toutes personnes j'ai des limites, et certaines ne sont pas à franchir, mais alors vraiment pas, autant on peut me chier dans la gueule, j'en ai rien à foutre, mais alors, rien, ça me laisse de marbre, mais si on s'en prend à quelqu'un auquel je tiens, pas de quartiers, pas de miséricorde, rien que dalle, nada, c'est la potence un point c'est tout. tu touche à mes animaux, ou à un animal devant moi, à mes mômes, à mon mari, à quelqu'un qui ne mérite pas qu'on lui fasse du mal, t'es mort, ou vaux mieux pour toi de courir vite et de changer de galaxie, j'suis pas rancunière, mais j'ai la dent dure et j'oublie RIEN.

C'est plutôt violent mais j'admire ^^

Pierstoval a écrit:Pour en revenir au sujet, je suis d'avis que la misanthropie n'est pas un élan volontaire de haine envers l'humanité toute entière, mais simplement la traduction d'une foule de souffrances subies tout au long de la vie, en une colère froide et difficilement contrôlable envers quiconque ressemble un tant soit peu à l'une des sources de cette souffrance.

Personnellement, je me qualifie de connard misanthrope pour la simple et bonne raison que je suis incapable d'être à l'aise en présence d'un groupe de personnes dont le nombre dépasse le QI de Jean-Claude Van Damme. Autrefois, dans les soirées, je dansais sans problème avec d'autres jeunes, quand j'avais huit ans. A l'âge de dix ans, dans ces mêmes soirées, les mêmes personnes dansaient de plus en plus écartées de mon centre de gravité émotionnel. A l'âge de douze ans, je ne pouvais même plus parler à ces gens sans entrapercevoir un tic facial, un soupir de gêne ou un "ta gueule" bien placé. A partir de cet âge-là, j'ai commencé à me demander si, dans ces soirées, j'avais changé d'attitude ou si les autres avaient changé. N'ayant pas eu de réponse, j'ai essayé de prendre autant de recul possible, m'apercevant que c'était un peu mutuel. Ces gens ne partageaient pas mes goûts et loisirs, dont on ne parlait pas avant, et ils me le rendaient bien en estimant que ceux-ci étaient stupides ou trop décalés pour mériter que l'on s'y intéresse.

C'est à peu près entre l'âge de dix et douze ans que j'ai vraiment commencé à en avoir marre des gens qui m'entouraient. Je les évitais, autant que possible, néanmoins la cruauté d'un collégien surpasse largement le fait de vouloir l'éviter en s'asseyant en face du bureau des surveillants de la cour de récré. Coups dans la gueule, vols, pression et autres "bullys" ont peuplé les quatre années de collège que j'ai passées, et très franchement, avec du recul, du haut de mes vingt-trois ans froidement passés, je retrouve le même genre d'attitude dominatrice, de pressions et de tortures provenant de beaucoup de gens.
J'en ai donc conclu que la cruauté d'un collégien est simplement de la cruauté tout court, puisque l'âge doublant, celle-ci ne s'éteint qu'au profit d'une autre forme d'envie de domination et de pouvoir.


C'est pour ça qu'à mon avis la misanthropie est simplement une maladie, un cercle vicieux dans lequel on est entrés ou pas à un moment de notre vie. Les souffrances ne venant pas forcément du collège comme moi, mais de plein d'autres situations similaires, tendent à ouvrir des plaies que l'on se refuse à fermer car nous estimons que notre colère envers notre bourreau est légitime (ce que je pense, avec véhémence même).

Je pense qu'il est presque plus normal de n'aimer personne plutôt que d'aimer tout le monde.

Je plussoie et j'admire tes écrits…
En ce qui concerne le collège, ça a était également pour moi une période de déclic total, cependant je vivait cette situation beaucoup plus mal que maintenant.



Pierstoval a écrit:
kerrigan a écrit:Se qui me fait rire, c'est qu'il y a de fortes chances pour que je ne sois même pas ami avec moi même si je me rencontrais ! Je me trouverais sans doute trop froid et distant ou quelque chose du genre . . .

Ce qui est tout-à-fait normal, car lorsque l'on n'aime personne, on ne peut s'aimer soi-même non plus.
Dans les relations sociales on cherche à trouver un idéal, quelqu'un qui correspondrait exactement à ce que l'on voudrait être, peut-être.
Et quelqu'un de misanthrope, souvent, c'est quelqu'un qui n'aime pas ce qu'il est, ce qu'il vit ou ce qu'il projette.

Je ne sais pas si c'est tout a fait ce que je pourrais ressentir… pour ma part, je me dit souvent (désolé pour mes propos) que me tuer moi même serait logiquement beaucoup plus simple que de tuer tout le monde ….


B.D.B. a écrit:Je vous rejoins sur le fait que la misanthropie est telle une maladie, ne pas panser ces plaies pour ne pas oublier, c'est bien, mais parfois c'est l'entourage qui en subit les conséquences, cette colère qui macère pendant des années, parfois elle a tendance à se répercuter sur ceux auxquels on tient, pour peu qu'ils ai eu le malheur de faire un faux pas et de réveiller d'anciennes blessures involontairement, et sans aucunes malices de leurs parts, ou de faire revivre une situation douloureuse sans le vouloir, et c'est ça pas marrant au quotidien quoi.

Je ne peux que comfirmer.


Lord N a écrit:Le problème de la misanthropie, c'est qu'on conditionne notre cerveau à voir les choses d'une certaine manière... On appelle ça une prédiction auto-réalisatrice, et ça marche de la même façon avec la paranoïa (un autre trait fréquemment possédé par les misanthropes chroniques).

Si tu choisis de voir les hommes comme étant mauvais, tu trouveras plein d'exemples pour le faire, et tu alimenteras ta propre croyance au point de ne plus pouvoir en sortir... Mais ça n'est rien d'autre que ça : une croyance. Non pas "la Réalité", mais une INTERPRÉTATION de la réalité.

Après, est-ce que cette interprétation est plus "vraie" qu'une autre ? Peut-être, peut-être pas, et là n'est pas la question je pense. La question serait plutôt : "est-ce que cette interprétation est plus UTILE qu'une autre ? Est-ce qu'elle m'aidera à aller mieux, ou moins bien ?

Comme le dit Piers, le problème des misanthropes n'est pas "les gens", c'est eux-mêmes. Ils leur manque quelque chose en eux-même dont ils projettent le manque sur les autres.


Je n'sais pas si on peux comparer cela à de la paranoïa, car au départ, cette misanthropie provient d'un comportement humain qui fini par nous décevoir, elle provient donc de fait réel, que nous jugeons de méprisant. Et c'est de ce fait qu'on commence à juger le reste du monde, et dans ce cas effectivement, comme tu le dit ce n'est qu'une interprétation. Mais avant d'un arriver à ce point, il y a quand même une grande analyse de l'humanité.


Seraf a écrit:Par contre, dans mes connaissances, dans ce cher milieu goth ou pas d'ailleurs, j'ai beaucoup de "misanthropes", beaucoup trop a mon gout. sauf que généralement il est accompagné d'une autosuffisance a tout égard qui me porte joyeusement sur le systeme. Le genre a rabaisser quiconque n'a pas les memes connaissances que lui, plutôt que d'aider, le genre a faire une montagne d'un minable détail absolument pas volontaire mais qui donne de l'eau au moulin de leur haine/mepris/misanthropie. J'ai l'impression trop souvent d'être face a des gens qui se croient tellement au dessus de tout le monde que s'en est agacant (surtout parce qu'ils ne le sont pas). C'est un peu comme l'histoire de la poutre et de la paille quoi. Je peux comprendre qu'on soit décu par la nature humaine et tout, mais de la a etre aussi insupportable, pédant et hautain, c'est autre chose. C'est encore pire quand tu mets des misanthropes ensembles (ouais, c'est concept) et qu'ils passent leur temps a jouer l'élite, la caste supérieure en ce moquant et rabaissant la plèbe.

Malheureusement, je pense aussi que c'est une sorte de cercle vicieux et qu'il est bien difficile de sortir de cette spirale haineuse. C'est dommage, car parfois, c'était des gens que j'aimais bien, a qui je tenais, mais leur auto-suffisance fait que je me suis éloignée d'eux a force de devoir supporter leur misanthropie (d'un autre coté, j'devais pas être mieux que les autres a leurs yeux je suppose :? )


Comme je l'ai dit plus haut, je suis consciente et je comprend que la misanthropie parait complètement égocentrique, et justement, j'en suis pas très fière.
Cependant à défaut de penser que je suis au dessus de tout le monde, je ne vais pas aller me moquer, je ne suis pas et je déteste ce genre de personne, qui se divertis en rabaissant les autres et sur ce point je suis quand même d'accord avec toi, mais ne crois pas que les misanthrope sont tous comme ça.
Tu fait bien de parler d'auto-suffisance car c'est un autre de mes problèmes, ce qui est plus ironique, je repousse les gens mais je n'arrive pas à vivre seul.. alors je me contente parfois de côtoyer des personnes que je n'aime pas forcement, ce qui me pousse à être complément hypocrite …


Arkenziel a écrit:J'ai mon idée là dessus. Je pense vraiment que les jeunes qui s’amusent à maltraiter leurs congénères sont eux même mal dans leur peau. Leur besoin de domination viens parfois du fait qu'ils s'en sont eux même pris plein la tronche, et qu'ils déchargent leur aigreur sur le premier venu qui leur semble assez faible. Je l'ai déjà constaté chez un individu, dans mon entourage scolaire.

Entièrement d'accord




Pierstoval a écrit:Désolé je fais un truc que je déteste, à savoir des quote de quote de quote (quodêêêêc !) , mais c'est pour souligner l'intérêt de ceci : le choix

Je pense que tout dans la vie est une question de choix. Ce qui nous identifie, ce sont les choix que nous effectuons tout au long de notre vie.

Si nous sommes misanthropes, c'est que nous avons choisi de ne pas refermer ces plaies, et d'entretenir une verve haineuse et/ou colérique envers une partie de l'humanité.

Le fait de se remettre en question dure des années, comme tu le dis Arkenziel, sauf que ce n'en est pas moins un choix supplémentaire. Comme le choix de détester tout le monde, le choix de se lever à telle heure, ou de préférer le bleu au rouge. Un jour, nous avons choisi, et certains de ces choix sont indéfectibles, à moins de faire d'autres choix.


Hmmm… je pense que ca va philosophiquement loin ces théories sur "le choix", pour ajouter plus de complexité, je dirait que le choix est toujours conscient, je ne pense pas que l'on peux employer le mot "choix" pour parler de l'inconscience ….



Arkenziel a écrit:
Pierstoval a écrit:La question la plus importante (à mes yeux en tout cas) est donc la deuxième : Est-ce qu'être misanthrope m'aidera à me sentir mieux dans la vie, ou pas ?

Pour moi la réponse est évidente... mais peut être qu'elle ne l'est que pour moi finalement.
Je pensais que la grande majorité des gens "misanthropes" n'aimaient pas leur condition; sachant qu'elle est le fruit de souffrances, elle ne peut pas apporter autre chose en retour, car il y a pour moi une différence entre un isolement choisi, qui n'est causé par aucun évènement douloureux, et une mise à l'écart résultant d'un passé difficile avec les autres et de la crainte de revivre ce passé.


Voila pourquoi j'ai du mal à admettre que cet état résulte réellement d'un "choix"; si c'était le cas, alors j'aurais largement préféré me débarrasser de cette hargne d'un seul coup, repartir à zéro et passer à autre chose immédiatement, car je n'aime pas être comme ça.
Mais si choix il y a, alors il réside dans la volonté d'entreprendre le "chemin inverse", avec tout ce que cela implique d'efforts, de relativisation de ce que l'on a vécu, d'ouverture d'esprit à acquérir, pour redevenir celui ou celle que l'on étais avant de devenir "misanthrope", en sachant que cela n'aboutit pas toujours comme on le souhaiterais.

On peut choisir de ne plus vouloir porter ça (on peut toujours choisir tous les objectifs que l'on veut pour soi), mais on ne contrôle pas toujours le résultat. On n'arrive pas forcément à tout réparer. Choisir ne veut pas forcément dire réussir.


Maintenant, peut être existe t-il des personnes qui ont intégré volontairement leur misanthropie, et qui s'en portent bien, même si j'ai du mal à le concevoir. J'ai vraiment du mal à croire qu'ils choisissent réellement cet isolement de leur plein gré... mais après tout, pourquoi pas...?[/quote]

Je plussois


AnarkiA a écrit:j'ai passé toute ma vie dans une optique humaniste à penser que l'homme est bon, a un bon fond. Et c'est d'avoir la preuve du contraire qui m'a détruite. Tous les jours quand je me lève, j'espère pouvoir avoir une preuve du contraire. Et tous les jours je suis déçue. J'essaie bien de me dire "il a eu une mauvaise journée" ou "il a pas envie de parler" "il est pressé de rentrer chez soi" "il ne m'a pas vu", mais le contraire est tellement flagrant...
Si je partais du principe que les gens sont cons, je ne me prendrai pas la tête des centaines d'heures sur FB pour essayer de me faire entendre. Je me dirai "bah il est con et c'est tout".
Sauf que ça c'est le reflet d'une grande surdose d'orgueil que je n'ai pas, et vu que je pars toujours du principe qu'il y a du bon dans l'homme, j'en viens à des heures de crise de larme lorsqu'un discussion se passe mal et que je me rends compte que non, il est juste con.

Après j'avoue que je suis aussi de nature cynique et que je possède un humour difficile à comprendre à l'écrit, du coup les gens pensent souvent que je suis conne alors que je suis très reservée et calme dans la vie. Mais justement, ils sont tellement tournés vers eux même que la moindre blague, le moindre politiquement incorrect les poussent à des réactions extrêmes, et ça en devient juste horriblement blasant.


En lisant ton poste, auquel je me retrouve totalement, je réalise petit-à-petit que l'on en attend peux être trop des autres gens, et l'ignorance serait une bonne solution de cette souffrance …
Malgré que je trouve cela impossible pour ma part, car çela impliquerai d'apprendre à vivre seule et ça deviendrai une souffrance pour une autre … -_-


B.D.B. a écrit:Je crois qu'il existe des misanthropies irréversibles, comme une malédiction. Je ne sais pas si entre misanthropes vous pouvez vous soutenir, ou vous en sortir en vous aidant mutuellement, mais franchement, je crois qu'à certains degrés, la marche arrière est impossible, même moi qui suis quelqu'un qui mets du coeur à l'ouvrage pour aider les gens, il m'est arrivé de me prendre des "laisse, tu ne peux rien faire pour moi" "de toute façon ça ne sert à rien" "je n'attends qu'une chose, c'est la mort" etc, ça me fais chier de dire ça, c'est pas mon style de baisser les bras, mais certains sont irrécupérables, c'est un malheur d'être comme ça. Si c'est devenu un "choix" pour certains de réagir ainsi fassent aux agressions du monde extérieur, pour certains c'est un mode de vie, c'est la normalité, et c'est terrible * je ressens un profond désarroi en abordant ce topic ça me laisse pantoise et pleine d'interrogations *

Je partage ton sentiment...


B.D.B. a écrit:Suicidaire je ne sais pas, je pense plutôt qu'il y en a qui se laissent vraiment crever à petits feux :''(

Suicidaire et dépressive, je l'ai étai et j'en sort tout juste, et malgré que je suis misanthrope c'est la seul chose que je ne souhaite absolument à personne.
C'est un peu hors-sujet mais j'dit ça car j'ai perdu une de mes rares amie misanthrope, dont c'est elle qui me disait toujours, "si je ne peux tuer l'humanité, autant que je me tue moi-même", malgré les moments les pires de ma vie, j'ai pu me soigner, non pas de la misanthropie encore, mais de la dépression et malheureusement on y tombe vite et ça fait mal !
(désolé pour la dramaturgie, mais vaut mieux prévenir que guérir et ça me porte fortement à coeur)
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Messagepar Evens » 17 Aoû 2012, 17:57

Je viens de tout lire, je trouve tous les propos très intéressant et enrichissant.

Je me sens pas concerner par la misanthropie, et je connais pas de misanthrope autour de moi.
Je suis plus de l'avis de B.D.B et Scar'

Pas que je comprenne pas les gens misanthropes.
Mais ça me fait peur pour eux, pour le futur.

Piers m'a beaucoup interpelé quand il a dit

Pierstoval a écrit:La question la plus importante (à mes yeux en tout cas) est donc la deuxième : Est-ce qu'être misanthrope m'aidera à me sentir mieux dans la vie, ou pas ?


Du coup je serais très curieuse de savoir la réponse.

Car pour moi (et que pour moi), ça me ferait beaucoup de mal de penser sans cesse que les gens sont cons, nuls, pas compétent, chiant, pas intelligent comme moi (si jamais je le suis, mais qu'est-ce que l' intelligente ? :lol:) tout le temps.

Disons que ça me fatiguerais, que du coup, je pense que j'aurais encore moins d'amis que maintenant.
Peut-être parce que je gèrerais pas de me dire que je suis entourée de plein de cons.
Je serais dans une sorte de spirale, ou je serais déprimée de jour en jour de me rendre compte de ça.
Je serais malheureuse et critique sans cesse, je serais bien avec personne et pas bien avec moi même.
Je trouverais pas "petit rien qui font le bonheur"
Je serais déçue tout le temps, des gens, de la vie, de ma vie, de mon boulot, de mes amis...

Bref je pense que ça m'arrive comme tout le monde après une soirée, un repas etc, de parler dans la voiture avec mon homme "T'as vu lui ? tu as entendu ce qu'elle a dit ?" etc etc
Mais à chaque fois on se dit "Ouai ben, ils doivent bien dire ça de nous..."
On fait la liste, on rigole un bon coup, et on se dit qu'on doit bien être les cons de nos "cons". :lol:

Car chacun voit midi à sa porte.

Et je culpabilise de penser ça de quelqu'un, alors que quand je me regarde dans la glace, je suis pas mieux...

Du coup, les misanthropes me surprennent beaucoup.
Car ils arrivent à détester tout le monde, mais...le problème c'est les gens autour qui sont trop ci ou pas assez ça pour eux.

Du coup, je me questionne (la même question de Piers)
Est-ce qu'ils sont heureux comme ça ?

J'ai presque envie de dire "Non", car comme je le dis, moi je serais malheureuse de voir que je suis la seule personne "Bien" pour être avec moi et m'intéresser.

Pierstoval a écrit:Un psy nous dira peut-être que c'est mauvais de penser du mal de tout le monde, mais un misanthrope pensera qu'il a les yeux ouverts et qu'il est face à la réalité (je schématise).


Je sais que tu schématises, mais ça me fait penser à mes patients qui disent au psy "Non je suis pas fous, je vois bien que je suis dans un jeu vidéo et que vous êtes tous des zombies qu'il faut que je tue, d'ailleurs, c'est le Diable en personne qui me l'a dit"
Et justement on leur dit "Oui, on vous croit, on sait que vous voyez les zombies, mais NOUS on ne voit pas ça, ce n'est pas la réalité, on va vous aider, avec ces cachets etc etc"

Je me dis, c'est très dur pour eux.
Ils doivent nous croire, alors qu'ils VOIENT réellement les zombies, ils parlent réellement au Diable.
Et ils doivent se dirent "Pourquoi ce n'est pas EUX qui délirent t qui mentent ?"
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Messagepar Bertrand » 17 Aoû 2012, 18:41

Je le suis depuis longtemps. C'est un mode de vie qui me va, mais mon degré de misanthropie varie.

Pierstoval a écrit:Pour en revenir au sujet, je suis d'avis que la misanthropie n'est pas un élan volontaire de haine envers l'humanité toute entière, mais simplement la traduction d'une foule de souffrances subies tout au long de la vie, en une colère froide et difficilement contrôlable envers quiconque ressemble un tant soit peu à l'une des sources de cette souffrance.

Tout à fait d'accord.


Pierstoval a écrit:C'est pour ça qu'à mon avis la misanthropie est simplement une maladie, un cercle vicieux dans lequel on est entrés ou pas à un moment de notre vie. Les souffrances ne venant pas forcément du collège comme moi, mais de plein d'autres situations similaires, tendent à ouvrir des plaies que l'on se refuse à fermer car nous estimons que notre colère envers notre bourreau est légitime (ce que je pense, avec véhémence même).

A titre personnel je laisse infecter mes plaies car j'y gagne plus. Certes je suis rancunier et il y a beaucoup de choses que je n'oublierai pas (et que je me refuse d'oublier étant donné que ces choses ont contribué à la construction de mon être) mais de tout cela découle une façon de vivre qui m'apporte plus de bonheur que l'autre alternative.
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Messagepar gothicat69 » 17 Aoû 2012, 22:25

AnarkiA a écrit:j'ai passé toute ma vie dans une optique humaniste à penser que l'homme est bon, a un bon fond. Et c'est d'avoir la preuve du contraire qui m'a détruite. Tous les jours quand je me lève, j'espère pouvoir avoir une preuve du contraire. Et tous les jours je suis déçue. J'essaie bien de me dire "il a eu une mauvaise journée" ou "il a pas envie de parler" "il est pressé de rentrer chez soi" "il ne m'a pas vu", mais le contraire est tellement flagrant...
Si je partais du principe que les gens sont cons, je ne me prendrai pas la tête des centaines d'heures sur FB pour essayer de me faire entendre. Je me dirai "bah il est con et c'est tout".
Sauf que ça c'est le reflet d'une grande surdose d'orgueil que je n'ai pas, et vu que je pars toujours du principe qu'il y a du bon dans l'homme, j'en viens à des heures de crise de larme lorsqu'un discussion se passe mal et que je me rends compte que non, il est juste con.

Après j'avoue que je suis aussi de nature cynique et que je possède un humour difficile à comprendre à l'écrit, du coup les gens pensent souvent que je suis conne alors que je suis très reservée et calme dans la vie. Mais justement, ils sont tellement tournés vers eux même que la moindre blague, le moindre politiquement incorrect les poussent à des réactions extrêmes, et ça en devient juste horriblement blasant.



moi ausi, Anarkia, je croyais changer la mentalité des gens, mais quand on est c..., on le reeesteee.
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Messagepar Cloud-Nine » 18 Aoû 2012, 17:59

Evens a écrit:Du coup je serais très curieuse de savoir la réponse.

Car pour moi (et que pour moi), ça me ferait beaucoup de mal de penser sans cesse que les gens sont cons, nuls, pas compétent, chiant, pas intelligent comme moi (si jamais je le suis, mais qu'est-ce que l' intelligente ? :lol:) tout le temps.

Disons que ça me fatiguerais, que du coup, je pense que j'aurais encore moins d'amis que maintenant.
Peut-être parce que je gèrerais pas de me dire que je suis entourée de plein de cons.
Je serais dans une sorte de spirale, ou je serais déprimée de jour en jour de me rendre compte de ça.
Je serais malheureuse et critique sans cesse, je serais bien avec personne et pas bien avec moi même.
Je trouverais pas "petit rien qui font le bonheur"
Je serais déçue tout le temps, des gens, de la vie, de ma vie, de mon boulot, de mes amis...


Pour ma part, je le vis très très mal autant parce que je me sent seul, que parce que j'ai l'impression d'être qu'une egocentrique ! et les propos que tu tient ne m'est guerre indifferente .. et tu as bien raison (pour ma part en tout cas)
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